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Anne Decq, Directrice du centre e-santé de Midi-Pyrénées, aborde les principaux thèmes qui seront traités lors de l’Université d’été les 7 et 8 juillet prochains. Selon elle, le financement des projets de e-santé ne sera pas un problème lorsque les professionnels sauront démontrer l’importance des gains générés sur la base d’évaluation robuste. Le grand progrès attendu est également l’interopérabilité effective des systèmes.
- Quels sont les atouts de Midi-Pyrénées dans le domaine du traitement de la dépendance des personnes âgées ?
Anne Decq : Il faut tout d’abord préciser que ce sujet n’est pas la propriété d’un seul territoire. C’est une priorité nationale. Dans ce contexte, Midi-Pyrénées a la chance d’héberger le seul gérontopole labellisé en France par le Ministère de la Santé et les travaux scientifiques menés montrent que si l’objectif ne peut être de supprimer la dépendance, on peut néanmoins la prévenir. Repousser l’âge auquel les personnes entrent en état de dépendance est à la fois un enjeu de santé publique et un enjeu économique considérable pour les collectivités gestionnaires de l’allocation pour perte d’autonomie, ou APA. Un projet comme le projet REAGIR montre que les technologies de l’information et de la communication peuvent jouer un rôle déterminant dans ce travail de détection de la fragilité des sujets et de mise en place d’un processus de prévention.
- Quels sont les principaux freins à lever pour que les projets de e-santé, dont celui de la dépendance, soient menés plus rapidement ? Les problèmes sont-ils d’ordre techniques ou plus prosaïquement d’ordre économique ?
Anne Decq : Concernant l’aspect économique, la problématique n’est pas insoluble si l’on arrive à démontrer sur l’ensemble de la chaîne de prise en charge que le solutions e-santé génèrent un gain médico-économique. L’assurance maladie, par exemple, sera prête à financer des projets si elle a la certitude que les gains seront, au final, plus importants que l’investissement de départ. En la matière, il est nécessaire de structurer des évaluations de grande ampleur permettant de réponse à cette demande.
Un autre enjeu fort est industriel : il est nécessaire qu’une structure forte permette aux industriels de fonder leurs développements sur les usages de santé et précise les cahiers des charges. Or l’habitude est plutôt que l’industrie adapte des produits existants aux usages de santé, voire, demande aux usages de s’adapter aux produits. Il faut inverser le processus. La plateforme d’innovation e-santé platinn-es permettra de délivrer ces prestations aux industriels de notre région.
Enfin, concernant les aspects techniques, la France doit désormais faire une priorité de l’interopérabilité des systèmes. Pour la plupart, ils ont été développés dans des silos indépendants les uns des autres. Ce n’est pas la qualité de chacun d’entre eux qui est en cause, mais la cohérence de l’ensemble. Le suivi des personnes diabétiques, qui demande de faire appel à plusieurs systèmes, en donne un exemple clair.
Propos recueillis par Pascal Boiron, Midenews
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