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Pascal Chavernac, président de Sigma Méditerranée et de Resadia : « Le passage au cloud computing ne doit pas être subi». PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 07 Mars 2011 17:50

Pourquoi Resadia passe-t-il du statut de groupement à celui de société anonyme tout en s’engageant résolument dans le cloud comping ? Les réponses de Pascal Chavernac.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons juste quelques éléments concernant Pascal Chavernac et Resadia. Il a créé son entreprise IT, Sigma Méditerranée, à Carcassonne voilà plus de 20 ans, a sans cesse évolué vers les services, a racheté d’autres entreprises dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales, est devenu adhérent de l’association La Mêlée et membre du groupement Resadia, dont il est désormais le Président au niveau national. Resadia devient cette année un groupe – c’est-à-dire une société anonyme – qui pèse 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, emploie plus de 5 000 salariés et compte 157 sites sur le territoire. D’abord spécialisé dans la commercialisation et le déploiement de solutions informatiques et télécoms, Resadia devient résolument un acteur du cloud computing.

- En s’engageant dans le cloud computing, Resadia ne scie-t-il pas la branche sur laquelle il est assis ?

Pascal Chavernac : Je réponds évidemment non, mais nous avons des arguments. Le premier est que la montée en puissance du cloud computing et de la virtualisation est inéluctable. Donc, soit on considère cela comme une contrainte et on subit cette évolution ; soit on l’aborde comme une opportunité. Le second est qu’il existe aujourd’hui un créneau entre les géants du cloud computing tels Amazon ou Google et les petits acteurs régionaux. C’est là que nous souhaitons aller.

- Avec quels moyens ?

Pascal Chavernac : Nous disposons actuellement de cinq datacenters, à Paris, Rennes, Nantes, Metz et Monaco. L’objectif est de constituer un réseau maillé d’une quinzaine de centres au niveau national, notamment afin de proposer aux Entreprises de Taille Intermédiaire des Plans de Reprise d’Activité sécurisés à un prix moins élevé que ce qui existe. En France, seuls les très grands comptes peuvent prendre en charge eux-mêmes de tels investissements.

- Mais pour Resadia également, la création d’une dizaine de datacenters paraît un investissement énorme…

Pascal Chavernac : Nous ne sommes pas une entreprise de BTP et notre vocation n’est pas de construire des datacenters. Le groupe compte 39 actionnaires chacun ayant plusieurs sociétés ce qui représente environ 80  entreprises : chacune s’installera dans un datacenter dès que le niveau de la demande et le seuil de rentabilité sera suffisant. Il ne s’agit donc pas d’un programme d’investissement massif mais d’une montée en charge raisonnée. La mise de départ doit rester raisonnable.

- Dans le même temps, Resadia passe d’une organisation de groupement à un statut de société anonyme. Quand cela sera-t-il officialisé et quels seront les principaux changements ?

Pascal Chavernac : Ce changement sera entériné lors de notre assemblée générale du 8 juin prochain. Il ne faut perdre de vue que cette évolution nous permet de jouer dans « la cour des grands » et donne à ce groupe qui pèse déjà 600 millions d’euros et 5 000 salariés les moyens de se développer. Resadia dispose déjà d’une solution Multisite avec un guichet unique permettant aux clients d’appeler 24/24 heures et 7/7 jours pour simplifier la prise en charge des demandes d’intervention.

- Pour en revenir au cloud computing, considérez-vous qu’il peut être une menace pour le rôle et l’importance des services informatiques ?

Pascal Chavernac : La situation des DSI et la notre sont comparables. Comme il n’existe plus d’obstacles techniques à l’adoption du cloud computing, cela devient un choix économique, qui relève des directions générales et financières. Là encore, les DSI ont intérêt à accompagner cette mutation plutôt que de la subir. Quant à savoir si leur métier va changer, ce n’est plus une éventualité : c’est une certitude. Et la donnée essentielle est que ce n’est pas forcément eux qui décideront de la date à laquelle cela va se passer.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Midenews

 


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