Fortement impliquée dans les programmes européens liés aux TIC, notamment avec Soho-Solo ou le CRIGEOS Midi-Pyrénées, la CCI du Gers estime que l’informatique et les télécoms sont devenus de puissants outils de l’aménagement du territoire. Les explications de son président, Michel Doligé.
- Quel est aujourd’hui le bilan du programme Soho-Solo ?
Michel Doligé : Il faut tout d’abord rappeler que ce programme a pour premier objectif de permettre à des familles de s’installer dans le Gers pour y développer une activité en télétravail. Cela implique de leur faciliter l’accès aux outils informatiques nécessaires, mais cela va bien au-delà. Le premier bilan, c’est que sur les 500 familles qui se sont installées dans le département au cours des dernières années, près de 300 font partie du réseau Soho-Solo. L’efficacité du programme a d’ailleurs été saluée à plusieurs reprises, au niveau national ou européen : il a obtenu le label « Territoire Innovant » en 2008, le Prix Européen de l’Esprit d’Entreprise en 2009 et le Grand Prix de l’Innovation Territoriale cette année. On mesure désormais les retombées économiques d’un tel programme pour le Gers : les familles qui s’installent ici restaurent ou font construire des maisons, font travailler des artisans et les commerçants, permettent à certaines écoles primaires de ne pas disparaître, etc. Vu sous cet angle, on perçoit mieux ce que les TIC peuvent apporter à un territoire rural.
- La CCI du Gers est le seul organisme français à avoir intégré le programme européen e-Incorporate. Quel est l’enjeu ?
Michel Doligé : Là encore, il s’agit de désenclaver ce département. Auch est l’un des seuls chefs-lieux à être aussi éloigné d’une autoroute. Chaque jour, plus de 6 000 Gersois vont travailler dans l’agglomération toulousaine, avec ce que cela suppose comme temps de déplacement et d’émission de carbone. Créer des emplois ici est le meilleur moyen de changer cette donne et notre implication dans les programmes européens y contribue. C’est ainsi que la CCI du Gers a été à l’origine du projet CRIGEOS – le Centre Régional d’Informations Géospatiales de Midi-Pyrénées – qu’elle pilotera jusque fin 2011.
- Le Gers veut-il se spécialiser dans les TIC ?
Michel Doligé : La question n’est pas là. Il s’agit plutôt d’utiliser au mieux les TIC pour accélérer le développement économique. L’informatique n’est pas une fin en soi. Nous avons un tissu économique composé uniquement de PME et nous devons tenir compte de cet état de fait. L’absence de très grandes entreprises dans le département pourrait être considérée comme un handicap ; il faut que ce soit une force. D’une part, nous sommes moins dépendants que d’autres d’éventuels retournements de tendances dans certains secteurs. D’autre part, il faut que le plus grand nombre de PME gersoises deviennent des « leaders », nationaux ou européens. Non seulement c’est possible, mais c’est déjà le cas, par exemple, pour l’entreprise Castel-Fromaget à Fleurance, spécialisée dans les hangars métalliques, qui réalise le nouveau parking aérien de l’aéroport de Blagnac ou le Centre de la Méditerranée à Marseille. C’est également le cas pour JCB Aéro, leader dans l’aménagement de cabines de luxe dans les avions, ou pour Nataïs, près de Gimont, qui est le 1er producteur européen de pop corn.
- Sans oublier votre propre entreprise, Le Parfait…
Michel Doligé : Le Parfait est effectivement la principale marque de bocaux et d’accessoires liés à la stérilisation. On a trop tendance à considérer que nos bocaux sont essentiellement vendus dans le Sud-Ouest. Il ne faut pas oublier que les exportations représentent désormais plus de 10% de notre activité et que des pays comme le Japon sont d’excellents clients.
- Quelles seront vos priorités pour cette nouvelle mandature à la présidence de la CCI du Gers ?
Michel Doligé : On peut notamment en citer deux. La première est liée au fait que plus de 50% des dirigeants d’entreprise du Gers ont 55 ans ou plus. Il est donc impératif de former leurs descendants et les candidats à la reprise à la conduite d’une entreprise. La seconde est la création d’une zone d’activité d’une centaine d’hectares à Pujaudran, située à 30 kilomètres de Toulouse et dont la population a quadruplé au cours des dernières décennies.
Propos recueillis par Pascal Boiron, Midenews
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