|
L’utilisation des réseaux sociaux pour accélérer le développement d’opérations commerciales ne fait que débuter. Décryptage du phénomène de la vidéo Nomao, tournée dans les rues de Toulouse au printemps 2010 et vue par plus de 4 millions d’internautes.
Les réseaux sociaux s’imposent comme un levier particulièrement efficace pour les opérations marketing et commerciales. Cette année, un des succès les plus importants en la matière est celui de la vidéo conçue et diffusée par deux agences toulousaines, Pinkanova et X-Prime ID, pour le compte de Nomao. Le principe de base était de faire le plus de « buzz » (on doit désormais dire ramdam) avec peu de moyens. Pour ce faire, les deux agences ont appliqué une règle que les Américains ont baptisé « KISS » : Keep It Simple and Stupid. En l’occurrence, elles ont inventé la supercherie suivante : faire croire aux internautes qu’en téléchargeant l’application de Nomao, ils pourraient voir tout un chacun entièrement nu grâce à leur iPhone, simplement en l’agitant pour lancer l’application magique. Pour donner du crédit à leur invraisemblable promesse, les auteurs ont tourné un clip dans les rues de Toulouse, durant trois week end au petit matin. Dans un premier temps, plusieurs dizaines de figurants ont effectivement été filmés nus. La deuxième phase de l’opération consistait à filmer les mêmes figurants, mais cette fois habillés et positionnés exactement aux mêmes endroits grâce à des marques faites au sol. Dans la version définitive, on voit donc les acteurs nus sur l’écran de l’iPhone et habillés en arrière plan. Les agences ont ensuite diffusé le clip vers les sites d’échanges de vidéos et ont laissé les réseaux sociaux faire le reste. Résultat : plus d’un million et demi de spectateurs après quelques semaines et 4 millions à fin septembre, partout dans le monde. Et l’investissement ? Moins de 50 000 euros pour la réalisation et… zéro pour l’achat d’espace média, alors que les retombées presse ont été impressionnantes (RTL, France Inter, LCI, Le Point, Le Parisien, 20 Minutes, les quotidiens régionaux, etc.).
Un autre exemple présenté lors de cet atelier de La Novela était celui du fameux « René la taupe », personnage virtuel particulièrement bête. Là encore, il s’agissait de pousser à l’extrême le concept du « KISS ». Au final, les auteurs ont atteint leur but : vendre des sonneries de téléphones portables 3 € l’unité. Ce modèle économique fonctionnant à l’envers par rapport aux méthodes traditionnelles, c’est après avoir obtenu ce premier succès sur Internet que René la taupe sortira, pour Noël, son premier album. Malheureusement, dirons certains…
Pascal Boiron, Midenews |