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Fédérer l’ensemble des acteurs de TIC d’une région n’est pas une mince affaire. Si Midi-Pyrénées a aujourd’hui en main tous les atouts pour y parvenir, ce « cluster en puissance » a invité fin avril plusieurs délégations étrangères afin de s’ouvrir aux « best practices » internationales. Compte rendu.
En photo : Mike Musson, Directeur du cluster TIC du West Midlands
« Il existe de nombreuses raisons de ne pas s’engager dans la création d’un cluster TIC, et il est très facile de les collecter. Mais il est beaucoup plus ambitieux et valorisant de se lancer dans un projet de ce type en dépassant tous ces motifs de ne rien faire, car l’importance de l’enjeu apparaît rapidement évidente ». Prononcée par n’importe qui, cette assertion n’aurait pas une grande portée. Mais en l’occurrence, celui qui est venu délivrer ce message à Toulouse, le 29 avril dernier, n’est pas n’importe qui : Mike Musson dirige depuis quatre ans le cluster TIC du West Midlands, dont le centre économique est Birmingham. Il était l’un des invités d’honneur du débat organisé lors de la dernière Mêlée Numérique. C’est donc avec un humour et un flegme très britanniques qu’il a donné cet avis, en réponse aux nombreuses interrogations que soulèvent un projet de cette envergure : « n’est-ce pas trop difficile ? », « a-t-on une chance d’y parvenir ? », « les intérêts des autres ne sont-ils pas trop contradictoires ? », etc.
Seulement 73 ans de retard…

En photo : Niamh Farrel, Marketing Executive à l’agence Enterprise Ireland
Mike Musson n’était pas le seul intervenant étranger invité à Toulouse. Parmi les délégations qui étaient conviées à présenter leur expérience, citons notamment celles de la Nouvelle-Zélande, de l’Irlande, de la Catalogne, de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis. Dans tous les cas, chacun avait en tête que la création du 1er cluster américain, la Silicon Valley, date de… 1937. Un rapide panorama des expériences montre que l’enjeu n’est plus de se focaliser sur ces sept décennies de retard. Au centre des actions menées dans les différents pays, on retrouve la volonté de disposer d’une cartographie précise des acteurs et des compétences locales dans le domaine des TIC. Par ailleurs, chaque pôle entend mettre en avant des spécialités plutôt que de se positionner comme une entité généraliste. L’exemple irlandais est de ce point de vue caractéristique. Longtemps considéré comme une « terre d’accueil » pour les grands noms de l’informatique, séduits par une fiscalité avantageuse, l’Irlande n’en a pas moins accumulé des compétences et un savoir-faire. « L’Irlande dispose désormais d’une filière logicielle forte, qui compte environ 800 entreprises, avec des atouts importants dans les domaines du e-learning, du e-tourisme ou de l’audiovisuel », explique Niamh Farrel, Marketing Executive à l’agence Enterprise Ireland (1).

En photo : Alice Bourrouet, Market Development Manager à l’Ambassade de Nouvelle-Zélande en France
Choisir les « niches » où l’on peut ambitionner des positions de leader : c’est également la stratégie de la Nouvelle-Zélande, pourtant peu réputée pour son industrie TIC. « Le pays a bien d’autres atouts que le rugby, le nautisme et l’élevage ovin, précise Alice Bourrouet, Market Development Manager à l’Ambassade de Nouvelle-Zélande en France. La filière TIC s’est d’abord organisée autour d’un noyau de compétences dans le domaine de la création cinématographique et des effets spéciaux. Aujourd’hui, elle est également positionnée sur des niches telles que la e-santé ou les applications pour téléphones mobiles ». Au final, la Nouvelle-Zélande, qui compte 4 millions d’habitants, réalise un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de dollars dans le secteur des TIC avec un effectif d’environ 40 000 personnes (à titre de comparaison, la région Midi-Pyrénées emploie le même nombre de salariés dans ce secteur avec une population de 2,8 millions d’habitants).
Royaume-Uni : un solide leader européen
En photo : Caroline Fraval, notamment responsable du secteur des logiciels de UKTI
L’ambassade de Grande-Bretagne en France héberge quant à elle un organisme chargé de convaincre les entreprises françaises de s’implanter au Royaume-Uni. Baptisée UK Trade & Investment (UKTI), cette agence propose des services gratuits et confidentiels. Si l’approche est discrète, les résultats sont au rendez-vous : la France est aujourd’hui le principal investisseur européen au Royaume-Uni, avec 2 000 entreprises présentes employant 330 000 personnes. « Le nombre d’emplois créés en Grande-Bretagne justifie un tel investissement », explique Caroline Fraval, notamment responsable du secteur des logiciels de UKTI. Au-delà, l’agence ne cache pas qu’elle met à profit les liens privilégiés qui unissent le Royaume-Uni et les Etats-Unis. « L’expérience montre que la Grande-Bretagne est une porte d’entrée très efficace pour prendre pied sur le marché américain », ajoute Caroline Fraval. Evidemment, le discours inverse est tenu aux entreprises nord-américaines : la Grande-Bretagne est également une porte d’entrée pour prendre pied sur les marchés européens… Que peut attendre la filière TIC de Midi-Pyrénées de cette ouverture à l’international ? Le patron du cluster du West Midlands, Mike Musson, a apporté une réponse concrète : « Nous sommes prêts à accueillir un représentant de votre filière durant plusieurs mois pour qu’il découvre le fonctionnement d’un cluster. » A suivre, donc…
Pascal Boiron, Midenews |