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Daniel Kaplan : « Les technologies 2.0 permettent l'individualisation en réseau des modes de vie » PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 28 Octobre 2008 10:44
Villes 2.0 est un programme de recherche et développement initié la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING), Tactis (conseil dans le déploiement de réseaux d'initiative publique), et le groupe Chronos (cabinet d’études sociologiques et de conseil en innovation).

Daniel Kaplan, délégué général de la FING, intervenait le 24 octobre, à Toulouse, dans le cadre de la rencontre « Déjeuner sur Web », co-organisée par les associations La Mêlée et Petit Deviendra Grand, et SFR.

Retrouvez nos deux interviews, l'une en vidéo, réalisée par Claude Paichard, Mindmedia et ci-dessous, en version écrite, par Frédéric Dessort.



Quelles sont les motivations qui ont conduit au programme Villes 2.0 ?

Ce projet est né de deux intuitions. En premier lieu, nous nous sommes rendus compte que le Web 2.0 a rapidement intégré une composante « locale ». Avec par exemple les fameuses google maps.

Deuxième impulsion : les villes se transforment selon plusieurs grands thèmes récurrents : les partenariats publics-privés, le développement durable, les tensions urbaines, les initiatives citoyennes. Et l'on s'est posé la question de savoir comment les technologies 2.0 pourraient accompagner, dynamiser ces mouvements, et faciliter la participation des citoyens.

Quelles sont les expérimentations que vous allez mener ?

J'en citerai trois, mais il faut savoir qu'il en existe déjà dans le monde entier.

Nous préparons le lancement de City Pulse, la « Montre verte », qui s'inspire d'expériences menées à Londres, New York et San Francisco. Objectif : multiplier par 1000 le nombre de capteurs environnementaux dans la ville. Le moyen : implanter un capteur de CO2, un autre de bruit et une puce GPS dans des montres que porteront les participants au projet. L'appareil permet de capturer et de stocker des mesures qui sont ensuite publiées sur le réseau.
Les données, totalement anonymes, pourront être exploitées librement pour être projetées sur des cartes, utilisées dans des modèles, etc.

Deuxième projet : « City Walls ». Il s'agit de créer un « média collectif » dont l'interface sera constituée d'écrans géant interactifs « multi touch », répartis dans la ville. Les habitants pourront y apporter leurs contenus : photos, commentaires sur les lieux, etc. Et si les usages restent à inventer, ces miroirs de la vie locale seront le creuset d'informations et de services de proximités inédits, qu'ils soient commerciaux, sociaux, marchands et non marchands, publics, privés, associatifs, collectifs ou individuels, à l'échelle d'un espace urbain restreint, la boutique, l'immeuble, la rue, les quartiers.

Quant au projet « City Scan », il se veut être le « pouls » de la ville. Il permettra de rassembler les données « temps-réel » qui existent déjà, mais qui fonctionnent aujourd'hui en silos. Ainsi, nous agrégerons les données du trafic automobile et des transports, des télécoms, les données météo et environnementales, toutes formes d'informations issues des grands réseaux (logistique, eau, électricité…), capteurs de tous types, etc. Ensemble, ces données dessineront un portrait de la "ville vécue".

Pour mettre en oeuvre ces trois projets, nous avons engagé des discussions avec plusieurs villes européennes. Le premier lancement est fixé à la mi-2009.

Ne pensez-vous pas que la ville soit aussi le refuge de l'individualisme ? Les technologies 2.0 peuvent-elles y changer quelque chose ?

L'individualisation des modes de vies est, je pense, un mouvement irréversible. Si il amène son lot d'isolation, ce n'est pas vrai en moyenne, et l'on observe plus de citoyenneté, plus de mobilité. Or, si dans une large mesure, ces technologies ont été créées pour faciliter cette individualisation, elles permettent aussi de rester en relation, avec la messagerie instantanée par exemple, et les réseaux sociaux. In fine, les technologies 2.0 sont un catalyseur de l'individualisation en réseau des modes de vie modernes.

Propos recueillis par Frédéric Dessort, Mid e-News
 


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