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Premier volet. Un secteur en pleine mutation Le marché des services informatiques, pour croissant qu'il soit, vit un double phénomène. Premier mouvement : l’explosion des délocalisations en off-shore, qui, en quelques années, se sont généralisées à une majorité de prestations à faible valeur ajoutée. Autre dimension du changement : alors que la demande informatique poursuit une forte croissance, les principales SSII déclarent rencontrer des difficultés à recruter ingénieurs de développement et experts. A Toulouse et en Midi-Pyrénées, particulièrement dotée dans l'informatique (près de 16 000 employés chez les prestataires et éditeurs), on n’échappe pas à ces règles. Alors que les salariés s’inquiètent du off-shore, et que les groupes indiens répondent directement aux appels d’offres régionaux, les grandes sociétés de services n’y voient pas nécessairement une menace. C’est presque le contraire. « La demande informatique est telle que notre structure indienne nous permet d’évacuer certains "trop pleins". Mais les projets qui ont trait au métier spécifique de nos clients sont difficilement off-shorisables », explique Jean-Luc Faure, ingénieur commercial chez Logica, un groupe largement implanté au pays du Taj Mahal. « En France, seulement 2 à 3 % du CA est off-shorisé. En face, la croissance du secteur des logiciels et services atteint les 6 à 7%, tirée par les nouvelles technologies, la complexification des systèmes d’information, et l’informatique embarquée notamment. Les nouvelles industries dans les pays émergents sont aussi un moteur. Au final, nous sommes plutôt en phase de recrutement intense. Notre principale difficulté ne vient pas du off-shore, mais à trouver des ingénieurs ! », ajoute Michel Corbarieu, directeur du pôle informatique du groupe Akka et délégué régional du Syntec Informatique. Croissance économique en 2006 : +7,1% . Population du secteur : +7,7% Selon les derniers chiffres (révisés) de l’INSEE, la période 2005 à 2006 a vu une croissance de 7,1% du chiffre d’affaires du secteur, passant de 49,99 à 53,59 milliards d’euros. La dynamique est donc très forte. Dans le même laps de temps, la population informatique a progressé de 7,7%, passant de 337 360 à 363 500 équivalents temps pleins. (cf "Les chiffres de l'emploi : un vademecum ") Or, selon l’Association Nationale des Informaticiens de France (ANIF), trois catégories de salariés seraient à distinguer : « Il y a les compétences dont on a plus besoin, soit 100 000 personnes, celles qu’on off-shorise à tour de bras, soit près de 200 000 personnes, et celles qui n’existent pas en quantité suffisante, seulement 15 000 personnes », affirme un tantinet provocatrice l’association dans un document de synthèse publié le 29 novembre dernier. Des chiffres à ramener à la population globale d'informaticiens, donneurs d'ordres et prestataires confondus : près de 700 000 personnes selon une étude menée par l'ANIF et Microsoft. Entre off-shore et pénurie de compétences... l'évolution de l'emploi dans les logiciel et services n'est donc pas à analyser à la seule aune de la croissance économique. Dans notre prochain volet, nous tenterons de mieux comprendre les problématiques sociales propres à ce secteur. Frédéric Dessort, Mid e-News (*) d’un point de vue économique, le secteur d’activité « Logiciels et services » représente un chiffre d’affaires de 53,4 milliards d’euros en France (données INSEE 2006). C’est près de la moitié de l’ensemble des technologies de l’information (102 milliards d’euros (chiffre Pierre Audoin Conseil)), qui comprend en outre le vaste secteur des télécoms.
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