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par Laurent Soucaze-Suberbielle, Avocat Associé Comment définir le capital investissement ? Une société financière (en direct ou en faisant usage de fonds FCPR, FCPI, … globalement regroupés au sein de l’AFIC-association française des investisseurs en capital) seule ou de concert avec des partenaires financiers (syndication) ou des particuliers (business angels), prennent des participations majoritaires ou minoritaires dans le capital de petites et moyennes entreprises généralement non cotées. Ces prises de participation permettent de financer leur démarrage, leur croissance, leur transmission, parfois leur redressement et leur survie. Le capital investissement s’exerce dès lors sur quatre principaux segments : il intervient au moment de la création d’entreprises pour le financement de l’innovation, des nouvelles technologies et des biotechnologies, grâce au Capital Risque ; à l’occasion d’un projet de développement pour les entreprises à fort potentiel de croissance, grâce au Capital Développement ; et pour l’acquisition, la transmission ou la cession d’entreprises, avec le Capital Transmission / LBO ; enfin, en cas de difficultés, grâce au Capital Retournement. A quoi sert-il ? Le Capital Investissement crée une réelle dynamique et soutient l'entreprise en apportant le financement et les capitaux nécessaires à son développement, en accompagnant son management lors des décisions stratégiques, et en lui permettant d’améliorer son potentiel de création de valeur au profit de ses clients, de ses actionnaires et de tous ses collaborateurs, dirigeants et salariés. Il permet ainsi de subvenir aux besoins en fonds propres des entreprises, d’allouer les ressources et les moyens les plus adaptés pour la croissance et la performance, de participer à la définition d’une stratégie claire et à long terme pour l’entreprise, de préparer les relais de croissance interne ou externe à moyen et long terme et d’orienter intelligemment les fonds des institutions financières vers les entreprises. Combien d’opérations ont été réalisées sur l’année 2007 en Midi-Pyrénées ? En région, les acteurs généralistes du capital investissement (groupe Irdi, Midi capital, Multicroissance) ou spécialisés aéro-défense-sécurité (Ace Management) ont joué indéniablement un rôle majeur dans notre économie, représentant, en fonction des hypothèses d’intervention, un soutien fondamental de l’entreprise tout au long de son existence, allant d’une contribution directe à la création de l’entreprise, à la promotion de l’innovation et de nouvelles technologies, à la croissance, à l’emploi et au renouvellement du tissu économique. Avec environ 40 millions d’euros investis, une cinquantaine d’entreprises soutenues en 2007 par le Capital Investissement en Midi Pyrénées représentaient une part significative de l’emploi et de la richesse régionale. Ces opérations sont-elles réservées à des secteurs d’activités et... sont-elles aisées ? Toutes entreprises créatrices de valeur ou susceptibles de l’être, tous projets performants peuvent susciter de telles opérations ; en soit, nul impératif de relever d’un secteur industriel ou de technologie spécifique… Tout n’est pas idyllique dans une opération de capital investissement ; notamment, un perpétuel arbitrage doit être mené entre l'esprit d'entreprise et le capital : si le financier vise à construire un partenariat actif avec l’entrepreneur, les méthodes de gestion et de gouvernance qu’il propose (avec des exigences de reporting financiers et techniques lourdes et contraignantes) doivent être correctement appréhendées et maitrisées par le chef d’entreprise. Surtout, chaque participation financière génère une dilution du capital originel (de l’entrepreneur, de sa famille, de ses salariés,…) ; plus il y a d’opérations, plus le capital initial diminue ; sauf à ne pas oublier de contractualiser en fonction de conditions négociées (atteintes d’objectifs de rentabilité, de chiffre d’affaires, d’acquisition de cibles, de respect d’étapes annoncées de développement techniques, …) des mécanismes de relution au bénéfice des détenteurs initiaux du capital. Nombre d’outils favorisent cette récupération du capital ; encore faut-il ne pas omettre de les exiger lors des négociations initiales, ce d’autant plus que les opérations de capital investissement reposent d’abord sur une parfaite gestion contractuelle (protocoles, conventions d’investissement, pactes d’actionnaires, …) de l’opération, avant qu’elle ne devienne sociétaire (émission des valeurs mobilières qu’elles soient en actions ou obligations, de bons de souscriptions, …) La relation de confiance qui lie l’entrepreneur et l’investisseur en capital autour d’un projet commun peut se distendre rapidement, surtout que les seuils d’exigences (ou de tolérance) attendues par le financier ne sont pas toujours ceux d’un chef d’entreprise : si celle-ci est appelée à rester pérenne, l’investisseur n’est jamais appelé à rester à son capital et des notions (comme celle du temps, de l’investissement, …) ne sont pas toujours comprises de la même manière. Ces opérations doivent donc être préparées longtemps à l’avance ? Cela dépend de l’entreprise, des capacités personnelles de l’entrepreneur, de la présence de l’investisseur et de l’opération envisagée elle-même. Il est important de définir les orientations stratégiques à prendre et les objectifs à atteindre, d’orienter l’entrepreneur sur ce qui est vraiment important ; il faut apporter à l’équipe dirigeante toutes les compétences nécessaires à ces réflexions et interrogations sur ces nouvelles voies de développement de gouvernance, de suivi stratégique et de transparence financière…Les montages financiers et juridiques, les questions d’ingénierie financière, sont techniques et peuvent être particulièrement chronophages pour l’entrepreneur. Laurent SOUCAZE-SUBERBIELLE Avocat Associé Loyve Avocats
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