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Louis Poulin est consultant et dirigeant de Grafp, un prestataire canadien habilité par le Software Engineering Institute à certifier le niveau de pratique CMMI des entreprises, notamment des SSII. Elle fait partie des 80 structures dans le monde à pouvoir délivrer le niveau 5, le plus haut. Mais au juste, qu'est ce que le CMMI ? Quel bénéfice peuvent en retirer les entreprises dans leurs développements logiciels ? Explications avec Louis Poulin qui a récemment effectué un audit pour SQLI Toulouse, la plaçant dans le haut du pavé mondial. Que signifie le sigle CMMI ? Le sigle CMMI signifie « Capability Maturity Model Integration ». Le CMM, le compendium des meilleures pratiques à partir duquel le CMMI fut développé, ne traitait que de logiciel. Le CMMI, quant à lui, traite de tout développement faisant appel à la technologie, indépendamment du domaine visé (matériel, logiciel ou ingénierie système). Cela donne une portée beaucoup plus large au CMMI mais le rend plus générique et plus difficile à interpréter. Le CMMI a été mis au point au Software Engineering Institute (SEI) avec la coopération d'entreprises américaines, européennes et asiatiques oeuvrant en ingénierie. Il appartient à la communauté et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est disponible gratuitement à partir du site du SEI, un centre de recherche et de développement à but non-lucratif financé par le Département de la Défense des États-Unis, afin d'améliorer la capacité de l'industrie oeuvrant dans les secteurs faisant appel au développement technologique, tel que le secteur des technologies de l'information. En résumé, le CMMI est un modèle visant, de façon progressive : - À stabiliser les approches mises en œuvre pour gérer et réaliser les travaux qui s’inscrivent dans chaque initiative ; - À définir un ou plusieurs processus standardisés à partir des meilleures pratiques mises en œuvre dans les initiatives passées; - À caractériser et à contrôler statistiquement le processus et les produits résultant de son application, et à prédire les résultats de l’application du processus en question ; - À améliorer le processus et les produits en résultant par l’entremise d’un resserrement des paramètres statistiques les caractérisant, en éliminant ou en réduisant les causes de variations. L'agence toulousaine SQLI, déjà certifée de niveau 3, semble être la SSII régionale la plus avancée en la matière. Vous avez réalisé un audit pour son compte. Quel est son niveau de pratique CMMI ? Le niveau de rigueur de l’Agence toulousaine de SQLI est peu commun pour une entreprise de cette taille et l’envergure des initiatives qui y sont généralement réalisées. SQLI a démarré une initiative visant à obtenir le niveau 5 mais il est encore tôt pour la caractériser selon le CMMI. En effet, une telle caractérisation s’appuie sur une démarche d’évaluation rigoureuse qui n’a pas encore eu lieu. Par contre, j’ai été agréablement surpris de constater l’utilisation d’un applicatif mis au point par SQLI pour la gestion quantitative des initiatives en technologies de l’information. Ceci est d’autant plus étonnant que j’ai été à même d’observer de grandes entreprises disposant de moyens largement supérieurs à SQLI ayant investi plusieurs millions de dollars sans pouvoir y parvenir. Quand des grands donneurs d'ordres sont au mieux qualifiés de niveau 2 - en région, notamment, la DSI du groupe Pierre Fabre l'est - et que des SSII parviennent au niveau 3 ou 4, est-ce que l'écart induit des problématiques de management et de productivité ? Un écart important de niveau entre donneur d’ordre et fournisseur de service peut effectivement être frustrant pour le parti caractérisé par un niveau de maturité ou de capacité élevé, qui doit alors composer avec un interlocuteur susceptible de ne pas être à la hauteur. Il demeure cependant que cette situation est préférable au scénario où les deux partis sont de faible niveau. Le parti favorisé par un niveau de maturité élevé pourra à l’occasion encadrer le parti caractérisé par un niveau de maturité plus faible et lui fournir le soutien qui lui permettra d’exploiter ses points forts et de surmonter les lacunes de son processus. À cet égard, j’ai été à même d’observer que certains partis (donneurs d’ordre ou fournisseurs, selon le cas) caractérisés par un niveau de maturité élevé prenaient souvent à leur compte l’initiative de sensibiliser à leur processus les partis caractérisés par un niveau plus faible avec ou pour lesquels ils devaient réaliser une initiative. L’investissement s’avére généralement rentable d'un point de vue financier et stratégique. Propos recueillis par Frédéric Dessort, Mid e-News
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