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La révolution des nano-robots PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 14 Janvier 2008 19:03

De quelles nanotechnologies parle t-on ? Pour l’heure, les investissements de recherche privés et publics sont intenses et concernent de nombreuses applications : l’électronique (miniaturisation continue des puces), les pneus (meilleure adhérence, …), balles de tennis (idem), les verres d’immeubles ou de vue à la fois anti-pluie et anti-salissures, les cosmétiques, etc… Il s’agit principalement d’innovations incrémentales mais fortes, c'est-à-dire d’évolutions de technologies déjà connues et maîtrisées. Vues sous un autre angle, elles consistent à reproduire, à la chaîne et en masse, des nano-structures et/ou nano-particules.

L’autre type de nanotechnologie est d’une nature différente (la vraie nanotechnologie diront les puristes) : l’enjeu se porte sur la manipulation directe et contrôlée de la matière à l’échelle atomique ou moléculaire.
De ce champ là pourraient venir de véritables révolutions : transformations de la matière (transformation des déchets ou même fabrication sans déchets), technologies médicales (nano-robots réparateurs permettant de détruire les cellules cancéreuses, virus…ou encore nano-capteurs surveilleurs de l’état de santé des organes, de la pression artérielle…), ou création de nouvelles armes (nano-robots destructeurs, mouchards indétectables)…

Mais pour l’heure, de telles innovations relèvent encore de l’hypothèse, car la conception et la réalisation de ces nano-dispositifs se heurtent à des problématiques mal connues liées à la physique de l’infiniment petit. Un nano-monde qui n’obéit plus aux lois de la physique classique mais de la physique quantique. Et là se résume l’essentiel de la recherche fondamentale en cours. (*)

Ceci étant, quelques avancées existent déjà, autour de la transmission quantique de l’information, préfigurant de l’ordinateur quantique, et aussi de l’électronique et des moteurs moléculaires. Dans ce dernier domaine, un « rotor moléculaire » est actuellement développé par Christian Joachim, directeur de recherche au CEMES, à Toulouse.

« Nous proposerons de développer les deux types de technologies. Et même si les nanotechnologies permettant de manipuler la matière relèvent encore d’un pari, elles portent un enjeu tout à fait majeur », précise Alain Costes dans la perspective du rapport qu’il remettra à Nicolas Sarkozy à la fin mars. (cf notre article)

Et Toulouse est une des places fortes de la recherche mondiale dans ce domaine émergent. Christian Joachim en est même une sommité. Précisons que ce dernier a dirigé la thèse de Michaël Magoga, co-fondateur de la start-up toulousaine « Nanotimes », qui commercialise des solutions d’imagerie pour microscopes à effet de tunnel.

Frédéric Dessort, Mid e-News

(*) Précision importante : nous entendons par recherche fondamentale celle qui n'est pas directement liée au marché. Selon Alain Costes et plusieurs autres sources, l'essentiel de la recherche publique dans les micro et nanotechnologies sont liées de près ou de loin aux applications industrielles.

Pour en savoir plus :

« Nanosciences. La révolution invisible », par Christian Joachim, Laurence Plévert, aux éditions Seuil, qui vient sortir.

Ce document d’Alain Costes, diffusé avec son aimable autorisation

 


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