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A partir de combien de temps un site de e-commerce peut-il générer plus de chiffre d’affaires que le commerce qui l’a créé ? Dans le cas de www.weebulle.com, créé à Albi à destination des amateurs de bandes dessinées, le web marchand devrait réaliser dès la première année un chiffre d’affaires supérieur à celui de la librairie (500 000 € contre 400 000 €). Présentation.
L'équipe de Weebulle.com a reçu au printemps dernier un Trophée de l'Economie Numérique
Tous les acteurs économiques ont besoin que des entreprises similaires à la leur témoignent de leur passage du commerce physique au e-commerce. L’exemple de Weebulle est de ce point de vue exemplaire. A l’origine de ce parcours, on trouve la librairie Gaïa Lib, installée dans le centre d’Albi depuis 2005. Spécialisé dans la bande dessinée, les mangas et les comics, neufs ou d’occasion, le magasin constate rapidement que les bédéphiles trouvent rarement les raretés et « collectors » qu’ils recherchent sur Internet. Ils se rapprochent des responsables d’un cybercafé albigeois voisin, font appel à un libraire de formation qui a complété son cursus avec des études de marketing, puis à des amis et à leurs familles pour amorcer le financement d’un site Internet. De 2007 à 2009, le projet mûrit. Une société distincte de la librairie est créée et le site est lancé en novembre 2009. Le principe : fournir des conseils de libraire avisé sur Internet et instituer la vente en ligne de BD d’occasion. Le premier bilan, après seulement sept mois, est plus qu’honorable : le cap des 12 000 visiteurs uniques a été franchi en avril (contre 2 000 en décembre) et le site www.weebulle.com devrait générer durant sa première année d’existence un chiffre d’affaires d’environ 500 000 euros. A titre de comparaison, il faut préciser que la librairie albigeoise réalise un chiffre d’affaires de 400.000 euros. « Le fait de disposer d’un catalogue large, avec 13 000 titres, n’est qu’une partie de l’explication, estime Valentin Lemelle-Briaud, Directeur du site. Un point clé est que nous avons développé une base de données unique, qui propose jusqu’à 45 informations sur un même titre. Sachant qu’on compte environ 5 000 nouveautés par an sur le seul marché français, les amateurs de bandes dessinées apprécient particulièrement de disposer d’un tel volume d’actualités et d’un outil de recherche. » La possibilité de vendre et d’acheter des BD d’occasion est également un élément différenciateur déterminant : cette activité représente aujourd’hui entre 30% et 40% du chiffre d’affaires. Elle permet notamment au site de « capter » la clientèle des collectionneurs. Pour aller plus loin, les responsables de Weebulle se sont fixés deux priorités : d’une part, enrichir le fonds de titres, qui devrait passer de 13 000 aujourd’hui à 100 000 en 2012 ; d’autre part, développer les ventes à l’étranger, qui ne représentent actuellement que 1% des revenus. Parmi les nombreux enseignements que l’on peut tirer de l’expérience de Weebulle, on peut notamment retenir celui-ci : une part du succès est liée au fait que le site se positionne comme l’animateur d’une communauté. C'est-à-dire autant comme un site marchand spécialisé que comme un producteur de contenus spécifiques. De ce point de vue, la démarche peut être déclinée dans de nombreux types de commerces.
Pascal Boiron, Midenews |