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Après 11 ans passés chez Dell, notamment au service marketing, Pierre Miceli a créé SOMEKA (Social Media Kapital) et co-fondé la Medias Sociaux Academy. Lui-même à l’origine de deux blogs, il explique pourquoi il estime que c’est aujourd’hui le média social le plus complet.
- Alors vous êtes un vrai geek, un fanatique des blogs ?
Pierre Miceli : Non. Je ne suis pas un blogueur « historique » et réputé comme ceux dont vous parlez dans cette rubrique « Blog@part ». J’utilise ce média dans le cadre professionnel, surtout pour mettre en avant des idées qui me paraissent importantes.
- Il ne faut donc pas mettre sur le même blog des informations professionnelles et le résumé de nos dernières vacances ?
Pierre Miceli : Je ne le fais pas et je ne le conseille pas. Si la ligne éditoriale est claire, il faut la tenir, ne serait-ce que par respect pour son auditoire. Je suis spécialiste des médias sociaux et je doute que ceux qui consultent mes blogs soient intéressés par le fait que j’ai passé mes vacances dans tel ou tel pays. Ce n’est pas l’endroit.

- Pourquoi le blog serait-il le média social le plus complet ?
Pierre Miceli : La première valeur d’un blog est son contenu. C’est la qualité de ce contenu qui lui permettra d’être bien référencé et de perdurer. C’est une vision un peu darwinienne de l’écosystème Internet mais on ne peut pas y échapper : il y a bien une « sélection naturelle » des différents sites. En la matière, les blogs présentent l’avantage de permettre les commentaires et de générer des gains de visibilité importants, surtout si le blog est couplé à un site.
- Ne risque-t-on pas d’arriver à saturation ?
Pierre Miceli : Il y a beaucoup de blogs et ils seront de plus en plus nombreux. Cela ne veut pas dire qu’il y en a trop. Comme cela s’est passé pour les écrits imprimés, les contenus jugés trop pauvres seront éliminés. Aujourd’hui, l’arbitre de cette phase est sans doute ce que l’on appelle la « curation ». Il y a un point essentiel : il ne faut pas négliger ce que l’on appelle le « lecteur passif ». On réutilise aujourd’hui des études des sociologues réalisées dans les années 1960 et qui conservent toute leur pertinence lorsqu’on les applique pour Internet : sur 100 lecteurs, il y en a 1 qui contribue, 9 qui réagissent de temps à autre et 90 qui ne disent jamais rien. Il ne faut pas négliger ces 90 là, car il y aura bientôt beaucoup de « curateurs » parmi eux.
Propos recueillis par Pascal Boiron, Midenews
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