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Vous n’avez pas fait au moins un « burnout » ? C’est que vous êtes soit « looser », soit « has been » et que, dans tous les cas, vous vivez en dehors du monde du travail actuel. Quelle est l’origine du problème, et du terme « burnout » ? Tentative d’explication.

Imaginons que vous ayez manqué le rendez-vous de l’emploi de la filière numérique, le « Jobs TIC », qui était organisé le 27 octobre 2011 à l’Université Paul Sabatier à Toulouse. Voici donc une petite session de rattrapage en forme de clin d’œil.
Concrètement, le « burnout » a quasiment le même âge qu’Internet : les psychiatres ont en effet identifié cette dérive dès les années 70. A l’origine, le terme anglais « burn out » était utilisé pour désigner le moment où une bougie s’éteint, faute de cire (on aurait pu dire « consumée » dans l’Hexagone). Depuis, le terme a successivement été employé pour évoquer les maux dont souffraient les toxicomanes, puis les ouvriers qualifiés, puis les cadres moyens et supérieurs, puis la génération Y, puis les « geeks ». En français, on a préféré le traduire par « épuisement professionnel ». Le salarié concerné ne dort plus, est devenu dépendant d’un grand nombre de substances ou pratiques (alcool, drogues, sexe, smartphones, réseaux sociaux, etc.) et n’a plus envie de rien concernant son travail. Une motivation zéro, en résumé.
Pourquoi parler de cela à des jeunes qui n’en sont qu’aux débuts de leur parcours professionnel ? Justement pour les informer du fait que la perméabilité complète entre les sphères « vie privée » et « vie professionnelle » n’est pas un phénomène séculaire qui va de soi.
L’addiction, s’il vous plaît…
Le SDAP est l’acronyme du « Syndrome du Défaut d’Attention Professionnelle », particulièrement visible durant les réunions de veilles ou de lendemains de week end.
A ce sujet, l’intervention du docteur Florence Bénichoux lors du Jobs TIC était particulièrement éclairante. « D’après ce que nous constatons, ce ne sont pas les TIC qui posent un problème, mais leur utilisation excessive, a-t-elle expliqué. Il faut savoir que les outils de prévention actuels ont été conçus pour détecter les affections physiques causées par le travail, alors qu’il s’agit aujourd’hui de faire face à des troubles de la santé mentale. L’addiction première concerne aujourd’hui les nouvelles technologies et conduit à un manque de sommeil, à la multiplication des sujets traités, à l’incapacité à lire plus d’une page, à des prises de décisions de plus en plus rapides et émotionnelles, à une tendance à l’isolement par rapport à la famille et aux amis, à l’abandon de toute activité physique, à une utilisation quasi exclusive de son cerveau « reptilien » et, au final, à ce fameux burnout ».
En conclusion, si vous n’avez pas encore fait votre burnout, ou si vous n’êtes pas prêt de le faire, c’est que vous n’avez pas d’emploi, que vous n’utilisez pas les nouvelles technologies ou que vous ne regardez plus les journaux télévisés*.
Midenews
* Si votre écran plat vient d’être saisi, ne tenez pas compte de ce critère…
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