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Tout d'abord, un constat : on assiste, depuis quelques décennies, à un double transfert de compétences depuis l'Etat Central vers, d'une part, des entités supranationales (Union Européenne, Nations Unies) pour traiter de questions telles que, aujourd'hui la monnaie, demain la défense, après demain la justice et, d'autre part, vers ce que l'on pourrait appeler le territoire le plus approprié, apte à rendre le meilleur service au meilleur coût au citoyen, à l'entreprise, aux acteurs socio-économiques et culturels de la société. Nous pensons, vous n'en serez guère surpris, que la région se situe au bon niveau pour traiter de ces questions, à mi-chemin entre des pouvoirs centraux éloignés, débordés, auxquels on demande sans arrêt de faire plus avec moins, et des pouvoirs locaux « trop locaux » et dont les perspectives et intérêts sont par nature trop fragmentés. Je citerais volontiers le Commissaire Barnier, lorsqu'il disait : « On ne réussit pas la croissance et les objectifs de Lisbonne sur des territoires ruraux désertés et des villes asphyxiées » . Qui d'autre, sinon les régions, peut être le garant de cet équilibre entre ville et campagne ? Qui d'autre, sinon la région, peut porter efficacement la parole du citoyen ou de l'entreprise situé du mauvais côté de la fracture numérique, tant la géographie de nos territoires européens se montre têtue et s'ingénie à compliquer l'arrivée du haut débit sur tous nos territoires? Cette décentralisation et les pressions qu'elle induit sur les institutions régionales, sont des réalités que l'on retrouve naturellement pour l'ensemble des régions de l'Europe. Ces pressions se traduisent immanquablement par un effort tout particulier appliqué aux questions liées à la eAdministration car, je dirais, la Région « n'a pas le choix », si elle veut jouer ce rôle de « hub » entre Europe, Etat, Province, Département, Intercommunalités et Communes. Quelque soit le niveau d'autonomie de la Région (une région Grecque est bien sûr difficilement comparable à une région Espagnole), elle est confrontée aux mêmes questions, défis et attentes de la part de ses citoyens, de ses entreprises, à savoir : · L'attente d'un service de gouvernance toujours disponible (24/7), · L'attente d'une simplification des processus, d'une approche de portail efficace, intuitive et rapide, accessible au coût le plus faible, · Le défi de l'innovation, où de nouveaux services adressant des besoins émergents doivent être inventés et proposés en des temps records, · Le défi de l'interopérabilité, où l'entrelacement entre les différents champs de compétence, entre les différents fournisseurs d'informations et de services doit être masqué à l'utilisateur, · Le défi de la réduction des coûts, avec ses corollaires tels que la nécessaire réorganisation des processus et des services, la question de l'utilisation de solutions propriétaires, ou libres, … · Le défi de la responsabilité et du jugement porté par l'utilisateur du service, habitué qu'il est maintenant au « confort » d'applications certes plus simples, telles que celles du eBusiness. La tâche est complexe, mais elle est essentielle à l'expression d'une maturité institutionnelle. L'innovation et le partage n'allant pas, par nature, de pair, il faut inventer les arguments d'une harmonisation des efforts produits par chaque région. Il faut aussi éviter les doublons, promouvoir les solutions élégantes et ne jamais voir l'administration électronique comme un miracle potentiel mais, plutôt, comme une nouvelle écologie du service rendu au citoyen. Hervé LeGuyader,
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Directeur Général d'Aquitaine Europe Communication , www.aecom.org Président du réseau eris@ (European Regional Information Society Association), www.erisa.be
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