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C’est désormais officiel : la planète Terre compte cette année 2 milliards de journalistes, pour 7 milliards d’habitants au total, soit plus de 28% de la population. Pour mesurer l’ampleur du changement, rappelons que, dans un pays comme la France, on ne comptait jusqu’à présent qu’environ 40 000 journalistes « officiels », pour 65 millions d’habitants, soit seulement 1 journaliste pour 1 625 personnes. C’était, convenons-en, largement insuffisant.
2 milliards, c’est bien sûr le nombre d’internautes dans le monde, c'est-à-dire le nombre potentiels de faiseurs d’informations et d’opinions sur les réseaux sociaux, les blogs, les chats.
Ce sont donc ces nouveaux journalistes qui ont fait élire Barak Obama, tomber Ben Ali et Moubarak, etc. On peut d’ores et déjà anticiper le fait qu’ils feront élire le prochain maire de votre commune, perdre ou gagner les candidats à la présidence des conseils généraux ou régionaux, et ainsi de suite.
Leur influence est à la mesure de leur poids : ils représentent ensemble la première « nation » du monde, loin devant la Chine, l’Inde, et Facebook (plus de 600 millions de membres aujourd’hui, soit deux fois les Etats-Unis). Il est donc logique qu’ils puissent faire et défaire les carrières, les réputations, les gouvernements, les succès commerciaux, etc.
Le peuple des réseaux sociaux n’a pas encore de nom définitif mais, en attendant, on pourrait les appeler les « réseaulutionnaires ». Ce ne serait que justice car, après tout, ils doivent beaucoup à un certain Mao Zedong, qui avait relancé en 1966 l’utilisation des « dazibao » dans le cadre de la révolution culturelle, ce qui permettait à chacun de dénoncer tel ou tel en écrivant sur les « murs » (oui, on parlait déjà de « murs »). L’expérience fut arrêtée net en 1979 lorsque les dazibao se sont retournés contre leurs initiateurs.
Cela ne risque pas d’arriver aujourd’hui avec les réseaux sociaux. Les humains ne commettent jamais plusieurs fois la même erreur… Si ?
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