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La prudence des décideurs politiques et des dirigeants d’entreprise est remarquable en France, en tout cas en ce qui concerne leurs échanges de courriels ou leurs conversations téléphoniques. Il reste un lieu où ils n’autocensurent pas leurs propos : les bonnes tables...
C’est à ce moment – s’ils n’ont pas reconnu le journaliste assis à la table voisine, ou s’ils n’ont pas fait attention – qu’ils se lâchent.
En l’occurrence, la scène se passe dans un bon restaurant de la banlieue toulousaine. Les personnes concernées se reconnaîtront.
> Le dirigeant d’entreprise (informatique) : Airbus affiche d’excellents résultats pour 2010 ! C’est une tuile pour nous. Si l’aéronautique se porte bien, les TIC vont repasser au second plan.
> Le décideur politique : Détrompe-toi ! Si EADS va mieux, vous irez mieux vous aussi. Vous aurez davantage de commandes et vous allez embaucher. C’est une situation idéale pour vous, au contraire.
> Le dirigeant d’entreprise : Je ne te comprends plus. L’an dernier, tu nous disais que le « trou d’air » que subissait le secteur aéronautique était une formidable opportunité pour les TIC et pour que l’économie de Midi-Pyrénées soit rééquilibrée. Si je suis cette logique, l’amélioration des résultats dans l’aéronautique n’est pas une bonne nouvelle pour la filière TIC…
> Le décideur politique : C’est plus compliqué que ça… Quand l’aéronautique va moins bien, les TIC deviennent le « chevalier blanc ». Quand elle va bien, elle investit davantage dans les TIC. Donc, dans tous les cas vous êtes gagnants !
> Le dirigeant d’entreprise (il a l’air sceptique et tapote sur la carte) : Bon, admettons… Tu me conseille quoi alors ?
> Le décideur poltique (avec un grand sourire) : Le plat du jour !
Midenews
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