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Voilà longtemps que le découpage du territoire français en une centaine de départements et une vingtaine de régions compartimente nos agissements et régente les rivalités cocardières.
On pouvait légitimement penser que l’économie numérique allait s’affranchir de ces limites administratives. Par essence, les TIC ne devraient connaître aucune frontière. Sur ce point on ne peut qu’être déçu : la force d’inertie des mentalités est telle que les sujets numériques n’échappent pas aux luttes de « micro-terroirs ».
La survivance de ces batailles « à la clochemerle » ne mériterait pas qu’on en parle, sauf que… Sauf que cette grille de lecture archaïque est devenue l’un des principaux freins à l’innovation, en France comme à l’échelle européenne.
Prenons l’exemple de Midi-Pyrénées, puisque nous y sommes. Chacun peut ici imaginer les atouts d’une plus grande collaboration avec les provinces espagnoles voisines. Le problème, c’est qu’elles sont « à priori » suspectées d’avoir des ambitions hégémoniques. Le rapprochement, présenté dans cette édition, avec l’Aragon, démontre que l’on peut travailler plus intelligemment. Et que dire du peu tendre regard que porte Toulouse sur la Grande-Bretagne, même lorsqu’il n’est pas question de rugby ? Là encore, les choses évoluent et les projets en cours, notamment avec la région des West Midlands et la ville de Birmingham, en témoignent.
Mais point n’est besoin de viser hors des frontières françaises pour trouver traces de ces mauvais combats. Au sein même du Sud-Ouest, le farouche désamour qui éloigne Bordeaux et Toulouse les rend capables l’une et l’autre de tout perdre plutôt que d’imaginer que la métropole rivale pourrait – un tant soit peu – en tirer un petit bénéfice. Chaque édition de Midenews met en avant les « ponts » qui sont désormais jetés entre les deux territoires.
Pour finir ce laïus en beauté, on ne peut pas taire les railleries que cultivent les huit départements de Midi-Pyrénées les uns sur les autres. Pour les résumer, rien ne vaut ce compte rendu d’une discussion –réelle - entre un responsable politique toulousain et le créateur d’une start up innovante prometteuse.
- Votre projet est très intéressant. Il mérite d’être soutenu. Vous être basés où à Toulouse ?
- Ah mais on n’est pas à Toulouse, même pas en Haute-Garonne, on est dans l’Aveyron…
L’élu, embarrassé, a juste répondu :
- Dans l’Aveyron ? C’est bien d’essayer quand même !
Vexé, le jeune entrepreneur aveyronnais a essayé de prendre l’accent des banlieues parisiennes pour répondre :
- Mais bien sûr Monsieur qu’on va essayer. Quand on est du « un-deux », on n’a pas le choix !
Il est probable que ni les acteurs locaux de l’économie numérique ni les investisseurs extérieurs ne trouveront ça drôle très longtemps…
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Midenews
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