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Si la filière des TIC n’a jamais manqué de geignards, elle n’a encore trouvé personne pour pleurer sur son sort, au demeurant fort enviable. Et pour cause ! Malgré ses déboires médiatisés, le secteur des nouvelles technologies de l’information affiche « bon an mal an » (l’expression devrait prendre tout son sens) une croissance à deux chiffres, si on la considère dans sa globalité. Dans la région Sud-Ouest, notamment, les sous-traitants des industries aéronautiques ou automobiles n’ont qu’une et unique réponse face à ces atermoiements : « de quoi se plaignent-ils ? ». Il n’existe pas de réponse globale et satisfaisante à cette question récurrente, mais il y a une explication historique trop souvent négligée : la quasi-totalité des entreprises des TIC manque de fonds propres et connaît des difficultés quotidiennes de trésorerie. Dans ce contexte à priori paradoxal (forte croissance versus trésorerie déficiente), les entreprises qui tirent le mieux leur épingle du jeu sont justement celles qui tirent le plus « sur l’élastique ». En d’autres termes, celles qui paient le plus en retard, arguant du fait qu’elles sont elles-mêmes mal payées. En janvier 2009, voilà donc plus d’un an, la Loi française a évolué pour imposer à toutes les entreprises un respect rigoureux des délais de paiement. Rien n’a changé depuis. Pourquoi ? Tout d’abord parce que l’Etat, qui avait demandé à la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes de veiller au respect des nouvelles règles, a incité la même administration à agir avec beaucoup de doigté, pour tenir compte de la dégradation du contexte économique. En clair, on a sommé la DGCCRF de ne pas appliquer la nouvelle législation à la lettre, en attendant un retour à bonne fortune de l’économie française. La Loi n’étant applicable qu’en temps de « vaches grasses », les bons élèves – du point de vue de leurs banquiers et des organismes de notation – sont donc actuellement les mauvais payeurs, les entreprises qui ne règlent pas leurs fournisseurs ayant par définition sur leurs comptes des soldes moyens supérieurs à ceux des entreprises qui paient à l’heure. On en arrive ainsi à l’aberration suivante : les mieux vus sont les « hors délais chroniques fiables », devant tous ceux qui paient dans les temps, qu’ils s’en sortent …ou pas. On pourra donc bientôt poser la question en ces termes : un prestataire informatique qui paie ses factures fait-il une erreur de gestion ?
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