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L’expression « reprise économique » est dangereuse, bien plus qu’on ne l’imagine.Tout d’abord parce qu’elle porte en elle un refus obstiné et hautain du changement : nous ne vivrions qu’une « mauvaise grippe » et devrions attendre qu’elle passe avant de retrouver nos habitudes. « Comme si de rien n’était », comme le dit un dicton particulièrement conservateur. Ensuite, parce que la « reprise » dont on parle concerne une réalité amoindrie et appauvrie : elle ne serait possible que grâce à une réduction des dépenses, à des salaires et des charges moins élevés, à une optimisation des processus, etc.
Dans tous les cas, si les mots gardent un sens, la reprise serait une « rémission », tandis que le changement serait une « punition ». Et la mondialisation de l’économie serait la première et la plus forte de ces punitions.
Cette propension hexagono-hexagonale est bien connue : on se focalise davantage sur les désagréments du changement que sur les bénéfices que permettraient l’atteinte de nouveaux objectifs et la réalisation d’un projet collectif.
Faire un parallèle entre l’économie et l’ambition sportive d’un pays peut bien sûr être considéré comme caricatural, mais le « pli » est bien le même. En France, un entraîneur ne dit pas « nous allons gagner, quels que soient les efforts que cela va demander aux uns et aux autres », mais plutôt « il va falloir faire beaucoup d’efforts si nous voulons gagner ». En règle générale, on ne retient qu’une chose de ce discours : il va falloir s’entraîner deux fois plus.
En résumé, la reprise, soit on l’attend, soit on la fait…
Toutes celles et tous ceux qui ont vu la victoire de l’équipe de France de rugby en Ecosse ce dimanche 7 février 2010 identifieront plus aisément les données du problème…
Midenews
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