Dès le coup d’envoi, le match a semblé déséquilibré. D’un côté, la modeste équipe de « l’économie numérique », qui ne représente encore que 5% du PIB français. De l’autre, le club ultra-titré de « l’économie traditionnelle », avec en charnière centrale les industries automobiles, agroalimentaires ou pétrochimiques, sans oublier les banques et les assurances.
De fait, au vu des premiers échanges, personne ne donnait cher des chances de l’économie numérique. Au fil de la rencontre, l’enjeu a pourtant permis à ce petit club de se galvaniser. Il faut dire que la somme mise en jeu était plus que motivante : 35 milliards d’euros. Proportionnellement à son poids dans l’économie actuelle, l’économie numérique pouvait s’attendre à ne recevoir que 1,75 milliard, sauf à réaliser une prestation exceptionnelle.
Les équipes ne parvenant pas à se départager, elles durent se retrouver pour les prolongations. C’est à ce moment, à quelques minutes du coup de sifflet final, que la défense de l’économie traditionnelle a imprudemment laissé passer l’avant-centre de l’économie numérique, Nathalie Kosciuzko-Morizet, (NKM) l’action aboutissant à un but inespéré.
Résultat final : économie traditionnelle 31 milliards – économie numérique 4.
Il s’agit d’une très bonne nouvelle pour les TIC, mais certaines mauvaises langues prétendent que NKM aurait fait une « main ». Les deux arbitres centraux, Michel Rocard et Alain Juppé, affirment, quant à eux, n’avoir rien vu...
Cette suspicion relance le débat sur la nécessité de recourir à l’arbitrage vidéo lorsque l'enjeu atteint de tels sommets !
Dans un sport beaucoup moins spectaculaire que le Grand Emprunt – le football – les montants paraissent, en proportion, dérisoires : en récompense de sa qualification pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud, l’équipe de France a dû se partager moins de 4 millions d’euros. C’est 1 000 fois moins que l’équipe de l’économie numérique…
Midenews
|