|
Cinq ans c’est une histoire bien courte, direz vous, et pourtant dans le domaine des TIC et des réseaux de télécommunications c’est long et même très long… Pour s’en convaincre, il suffit de se replonger en 2001 dans le paysage télécom qui occupait notre quotidien. Jean-Michel HUBERT, alors président de l’Autorité de régulation des télécommunications parlait de l’actualité 2001 en ces termes : « 2001 restera sans doute une année charnière dans l’histoire des technologies de l’information, dans notre pays; …Des événements majeurs ont eu lieu : développement rapide du haut débit, lancement de la mise en œuvre du dégroupage, boucle locale radio qui se déploie sur les régions …Attribution des licences UMTS. Dispositif législatif encadrant l’intervention des collectivités territoriales simplifié ; Nouveau programme pour la couverture du territoire lancé par le Comité Interministériel d’Aménagement et de Développement du Territoire. » On ne peut que constater et regretter que Jean Michel Hubert ait oublié, dans cet inventaire la création de la Mêlée …. Penchons nous un instant sur ces évènements historiques majeurs qui ont accompagné la naissance de la Mêlée. La situation du haut débit en France était marquée par un chiffre symbolique : le nombre d’abonnés au haut débit avait en effet dépassé en 2001 les 500 000 abonnés. Autre nombre symbolique, 10 millions, c’est le nombre d’abonnés haut débit en France [ sur 13 millions d’abonnements à domicile, sachant que 26 millions de français de plus de 11 ans se connectent à Internet, depuis n’importe quel lieu (domicile, travail, cyber-café, hotel, Note de la rédaction ] atteint dans le courant du premier semestre 2006. En résumé, 2000 % de croissance en 5 ans ce n’est pas si mal…. Cette croissance de l’accès à haut débit a été obtenue par la conjonction de deux facteurs clés : le premier concerne les investissements réalisés pour la couverture en accès ADSL du territoire, le second tient à la dynamique concurrentielle portée par les acteurs clés du dégroupage et notamment Free. La couverture du territoire était en 2001 de l’ordre de 50 % de la population ,concentrés essentiellement sur les grandes agglomérations. L’effort soutenu de France Télécom a permis, somme toute sur une période relativement courte, à 95 % de la population d’accéder à l’Internet haut débit. Le dégroupage, dont Mr HUBERT soulignait en 2001 le lancement de la mise en œuvre, n’existait quasiment pas alors qu’aujourd’hui plus de 55 % de la population peut accéder à des offres « double et triple play » concurrentielles,constituant ainsi le véritable moteur du haut débit pour les clients et les pour les opérateurs. Un taux, qui, selon une estimation de l’ARCEP, ne devrait pas dépasser les 60%. Près de 3 millions d’internautes ont ainsi un accès en dégroupage partiel et total, ce dernier mode prenant le pas sur le précédent. Il faut enfin souligner que pas grand monde n’envisageait la mise sur le marché d’une offre de TV sur ADSL ….. Si ces croissances effrénées et les batailles pour la prise de parts de marché, ont eu des effets dynamiques sur la nature des offres de service et sur les tarifs, c’est bien sûr au prix de restructurations profondes du secteur. Cette période a donc été marquée par des fusions et des absorptions quasi permanentes. Le Groupe Louis Dreyfus en a été l’animateur et l’acteur principal. Le Groupe Neuf/Cegetel issu de ces mutations, sans toutefois pouvoir rivaliser en taille avec France Télécom fait craindre à certains acteurs institutionnels que ne se profile un duopole sur le marché de gros limitant l’effet bénéfique pour les clients finaux d’un marché vraiment ouvert à la concurrence. Au delà de ces beaux succès qui placent la France dans le peloton de tête des pays européens pour l’accès Haut débit, il y a d’autres actions qui ont connu moins de retombées. En tout premier lieu la BLR (Boucle Locale Radio) : « C’est une solution alternative potentiellement féconde pour la couverture du tissu de villes moyennes que compte notre pays » déclarait Jean Michel HUBERT. L’attribution par l’ART de 54 licences (deux opérateurs nationaux dans les bandes 3,5 et 26 GHz, deux opérateurs par région métropolitaine dans la bande 26 GHz , avait mobilisé 15 sociétés candidates nationales et internationales. Le bilan : 9 lauréats (en Métropole) et au bout de 5 ans, un seul survivant : Altitude et encore dans sa version FREE (IFW)… Qui se souvient encore du nom des autres sociétés cinq ans après? Firstmark Communications, Fortel, Belgacom France, BLR Services, Broadnet, Landtel,… 2006, c’est reparti ! Pour l’attribution des licences WIMAX, il y a le même espoir de voir une technologie radio compléter les réseaux filaires et atteindre enfin les 3 à 4 % de population situées en zones blanches…On ne peut qu’espérer que l’histoire ne trébuchera pas à nouveau … Les licences UMTS, accordées en 2001 au départ à grand renforts de millions d’euros qui auraient du sauver le budget de l’Etat et la sécurité sociale, …..devaient permettre d’envisager le déploiement des réseaux et des services dès 2002. Ce n’est que 4 ans plus tard que l’on voit son développement commercial réellement démarrer marquant l’entrée dans l’ère du nomadisme et du tout mobilité (voix-données-vidéo, …). 2001 c’est enfin le début d’un grand combat pour la reconnaissance aux collectivités de la capacité à prendre en main leur destin télécom. Si quelques unes avaient ouvert une voie étroite (SIPPEREC, Castres-Mazamet, le Département du Tarn ,…) il aura fallu 3 ans et deux débats parlementaires agités pour qu’enfin cette compétence soit reconnue aux collectivités et inscrite comme un service public local dans l’article L1425-1 du Code Général des Collectivités Territoriales. Aujourd’hui c’est plus de 140 projets et réalisations de collectivités qui sont mise en œuvre pour conforter le développement des communications électroniques sur leurs territoires. Histoire contrastée de cinq ans de succès et d’échecs dans le développement des réseaux et du haut débit. … Histoire qui n’est pas prête de s’arrêter. Le très haut débit pointe déjà son nez. Les opérateurs (et les collectivités) investissent sur de la fibre optique jusqu’à l’abonné, le nomadisme et la mobilité avec la diffusion partout et sur tous les types de terminaux de contenus vidéo vont constituer l’enjeu des prochaines années. Rendez vous dans cinq ans ! Et la Mêlée dans tout cela,…. Dans ce monde qui bouge sans cesse, l’information, le contact et l’échange deviennent essentiels. Observateur, acteur, catalyseur, la Mêlée a toujours été au fond des dossiers, souvent avec opiniâtreté, toujours avec fiabilité, qu’il en soit encore ainsi pour les 5 prochaines années, il y a encore beaucoup de pages à écrire . Gérard HARDY Directeur des projets Cabinet TACTIS
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
|