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Par Frédéric Sallé, consultant, Tactis Le WiMax, du fait de ses particularités technologiques, représente pour les Collectivités Locales un outil d’aménagement du territoire, complémentaire par rapport aux autres technologies d’accès haut débit. Dans le cadre de l’article L1425-1 du CGCT, les collectivités sont donc susceptibles de mettre en œuvre directement ou indirectement cette technologie en tant qu’opérateur grossiste. L’enjeu pour les Collectivités est donc multiple : - Maîtriser une ressource rare et d’empêcher ainsi un ou plusieurs acteurs privés de la préempter au détriment du développement du territoire ; - Résorber les zones blanches haut débit ; - Contribuer au développement de services haut débit fixe dans les zones d’activités économiques et autres zones en développement ; - Permettre l’éclosion de services innovants, en particulier nomades/mobiles ; - Favoriser le développement d’une concurrence saine et diversifiée sur son territoire. D'un point de vue technico-économique, un projet haut débit porté par une Collectivité Locale sur le WiMax seul semble très incertain. D'une part parce que la technologie DSL est le principal vecteur de l'offre haut débit fixe actuellement commercialisée par les FAI (94% des accès haut débit fixes sont des accès DSL) et d'autre part le marché nomade, certes le plus prometteur, n'est pas encore stabilisé en France. Par contre, le WiMax intégré dans un projet haut débit global, permet de mutualiser certains coûts (personnel, coûts commerciaux, ...) et d'améliorer ainsi le modèle économique du projet de la collecvité. Par ailleurs, les limites économiques d'un projet WiMax porté par une Collectivité, résultent essentiellement dans les effets de masse et de mutualisation. En effet, le projet d'une collectivité sera nécessairement géographiquement limité. Les couts et charges mutualisables (backbone, système d'informations, couts et charges de commercialisation d'une offre de gros, maintenance, ...) ne pourront l'etre que sur le territoire de la Collectivité. Celle ci ne pourra pas bénéficier des mêmes effets d'echelle qu'un acteur grossiste ayant des licences dans plusieurs régions. Par contre, l'intérêt principal d'une offre d'une Collectivité est que cet acteur est de fait totalement neutre par rapport aux acteurs du marché de détail. La collectivité pourrait alors se prévaloir d’apporter au marché la garantie que chaque opérateur de détail aura un égal accès aux ressources, disposera de conditions tarifaires identiques, que la collectivité cherchera surtout à enrichir l’offre de services disponible sur son territoire et à améliorer la couverture territoriale haut débit. Concernant le regain d'intérêt pour la BLR depuis l'apparition du Wimax, il peut s'expliquer à partir de plusieurs facteurs : 1- Technologique : technologie standardisée et donc équipements interopérables ; technologie entièrement IP qui s'est imposée comme la technologie haut débit de référence. Par ailleurs, les techniques de modulation de signal ont évolué et offrent à la fois une meilleure efficacité spectrale et des contraintes moins fortes en terme de déploiement (en particulier, l'utilisation du WiMax ne nécessite pas nécessairement une vue directe entre l'émetteur et le récepteur) 2- Logique industrielle : le WiMax fait partie de projets industriels portés par plusieurs groupes industriels majeurs (Intel, Alvarion, Alcatel, Nortel, Siemens, ZTE, ...), ce qui permet d'envisager des volumes suffisants (marché de masse) conduisant à une baisse rapide des coûts des équipements. 3- Le contexte du haut débit en France n'est pas comparable à celui de 2000 (moins de 200 000 abonnés haut débit fin 2000 contre 9 à 10 millions prévu pour fin 2005 !) 4- Perspectives de développement du marché du nomadisme et à terme de la data mobile (en particulier avec plusieurs applications phares comme la voix sur IP et la messagerie instantannée mobile : 100 000 abonnés Voix sur IP en France (hors forfaits DSL) à fin 2005 (services payant de Skype, Wengo , …), 8,7 millions d’utilisateurs réguliers de messagerie instantanée (MSN, Yahoo Messenger), dont 4,5 millions âgés entre 12 et 24 ans, ... Frédéric Sallé, consultant, Tactis
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