jeudi 17 mai 2012
Bannière
Accueil > Regard sur > Mobilité, le point de vue d'Intuilab : ' Le futur de la mobilité passera par des interfaces plus adaptées '
Mobilité, le point de vue d'Intuilab : ' Le futur de la mobilité passera par des interfaces plus adaptées ' PDF Imprimer Envoyer
Regard sur
Jeudi, 24 Mars 2005 15:48
Tout ce qui répondra aux besoins d'instantanéité et de simplicité liée à la mobilité et satisfera au mieux les contraintes d'utilisation mobile prendra le dessus sur les solutions d'aujourd'hui. On prévoit ainsi le développement d'applications de recherche d'information dans des bases de données d'entreprise ou sur le web mais à partir de modalités comme la commande tactile avec de nouvelles conceptions graphiques des écrans ou, éventuellement, des commandes vocales simples et performantes. Dans les milieux professionnels, nous anticipons une très forte demande d'applications mobiles pour optimiser les processus de collecte et de distribution, ainsi que la planification tactique (donc en temps réel) d'unités mobiles, notamment grâce à la géolocalisation.

Peu à peu, on va aussi voir arriver de vraies alternatives aux solutions intermédiaires que nous connaissons aujourd'hui pour la saisie de messages. Aujourd'hui, beaucoup mise sur des claviers réels ou miniatures (Treo 600, P900, Blackberry, etc.). Avec de tels claviers, il est certes possibles d'écrire plus facilement un message qu'avec les touches du téléphone mais la tâche reste éminemment fastidieuse. Par contre, avec l'arrivée des disques durs de plusieurs Gigas et l'augmentation de la vitesse des processeurs dans les mobiles, on peut envisager pouvoir utiliser un logiciel de dictée vocale sur dispositifs mobiles dans un temps relativement court. D'ores et déjà, un téléphone est sorti au Japon avec cette possibilité. Avec ce type de logiciel, on peut atteindre un taux de 90 à 95% de reconnaissance correcte. Il restera donc uniquement à faciliter au mieux la correction des erreurs restantes, probablement grâce à une interface favorisant le passage vers une autre modalité d'interaction à ce moment.

Plus généralement, d'ici 3 à 5 ans, nous prévoyons une utilisation massive de modalités d'interaction qui vont apporter plus de naturel dans l'interaction homme-machine. C'est le cas, par exemple, de la détection de mouvement du mobile avec un accéléromètre. Cette capacité permettra, par exemple, d'utiliser son mobile comme un crayon pour saisir des infos. Aujourd'hui déjà, un constructeur japonais a sorti un téléphone permettant de composer un numéro de téléphone en faisant les chiffres avec le téléphone.

Nous pensons aussi que des applications et des services utilisant la commande vocale, alliée à d'autres modalités comme le geste pour désigner des éléments sur l'écran, vont se développer. On peut prendre pour illustration une étude menée entre Intuilab et FTR&D sur un service expérimental qui permet de rechercher des restaurants dans Paris. On peut, avec ce service, demander un restaurant servant de la cuisine italienne près du métro Denfert-Rochereau pour ­ de 30 euros. Ce même système, voué à être utilisé avec des téléphones 3G, permettra différents modes d'utilisation : avec la molette de navigation et les touches classiques des téléphones, avec un écran tactile (avec un stylet ou au doigt), tout en vocal, ou en combinant désignation tactile et voix. C'est ce que nous appelons l'interaction multimodale.

Avec ce prototype, on pourra visualiser une carte zoomable de Paris, désigner un lieu tout en disant « je cherche un restaurant italien ici pour ­ de 30 euros ». On pourra aussi entourer toute une zone en demandant « quels sont les restaurants italien ici ? » Plusieurs études ont montré que lorsque ces combinaisons geste+voix étaient possibles, elles permettaient de diviser le temps de réalisation d'une tâche par 9 par rapport à l'usage d'un PC classique. Elles réduisent aussi fortement les difficultés classiques de correction d'erreurs avec le vocal. Ces études ont enfin montré que les utilisateurs, dans leur très grande majorité, préféraient un environnement multimodal à un environnement monomodal. L'une des raisons est que la multimodalité, outre les gains de performance qu'elle peut apporter, fait preuve d'une adaptabilité remarquable qui est une exigence dans le cadre de la mobilité du fait de la très grande variabilité des conditions d'usage.

Terminons par une remarque : aujourd'hui, des difficultés existent pour diffuser largement des applications mobiles causées notamment par des interfaces utilisateurs en partie inadaptées. Le point positif est qu'il existe des méthodes et des outils qui peuvent garantir la réalisation d'applications mobiles performantes et satisfaisantes. En effet, concevoir pour des supports mobiles et petits va nécessiter un travail particulier au niveau du design d'interfaces. Par ailleurs, l'ergonomie pour la conception du dialogue va se généraliser, comme on a pu l'observer dans le monde des grands industriels concepteurs de systèmes, car sur des supports mobiles, il faut encore plus tenir compte des situations d'usage. Les donneurs d'ordre et les directeurs informatiques doivent prendre conscience de ces enjeux et amener les grandes et les petites sociétés prestataires à revoir leur process tout en se renforçant sur certaines compétences qui leur manquent aujourd'hui. Ce n'est qu'à cette condition qu'on pourra, assez rapidement, combler de nombreux besoins en mobilité.

Laurent Karsenty, Intuilab, société membre du Cercle Numérique

 


Autres articles :


Ajouter un Commentaire

Réagissez à l'article en remplissant le formulaire ci-dessous.


Code de sécurité
Rafraîchir

Conception : agoranet - Réalisation : MidiConcept - Hébergement : FullSave