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La télémédecine fait son chemin en Midi-Pyrénées PDF Imprimer Envoyer
Regard sur
Lundi, 19 Juillet 2004 17:03
Créé en 1989 sous l'impulsion de la Communauté Européenne, conduit par le professeur Louis Lareng, fondateur du SAMU, l'Institut Européen de Télémédecine (IET) a atteint ses premiers objectifs de déploiement de son dispositif : le Réseau Régional de Télémédecine. Celui-ci, constitué en Groupement d'Intérêt Public, associe 39 établissements de santé de la région Midi-Pyrénées autour d'un projet commun : l'utilisation de la télémédecine - et de son dispositif - pour améliorer le traitement, le suivi, la prise de décision en matière de soins. Explication de Louis Lareng, Président de l'Institut : " Progressivement, la télémédecine donne aux praticiens l'accès aux meilleurs spécialistes de la région, de France et bientôt du monde. Avec l'élaboration des diagnosticsà distance, les patients bénéficient de soins améliorés, plus sûrs et aussi plus rapides dans la prise de décision. Je souligne un autre impact qui deviendra important dans l'avenir. Les médecins généralistes vont également bénéficier du dispositif, nous sommes d'ailleurs en phase d'expérimentation pour l'heure avec 5 cabinets libéraux. La télémédecine va leur permettre d'être replacés au centre des débats : en relation plus étroite avec les spécialistes, il suivront mieux ou même conduiront l'ensemble des soins. Bien souvent, ils perdent la main, lorsque le patient va d'expert en expert. "

Louis Lareng,
directeur de l'Institut Européen de Télémédecine

En 2003, près de 1300 dossiers patients traités en recourant à la télémédecine

De manière opérationnelle, le projet a débuté en 1996. Il consiste en l'installation de matériels de visioconférence et à la mise en exploitation d'un réseau idoine. A l'heure du début de la deuxième tranche des travaux, c'est déjà 32 établissements de santé midi-pyrénéens qui ont été équipés. 12 autres devraient suivre en 2005. Et les usages commencent sérieusement à se développer : " En 2003, 1294 dossiers patients ont été traités en recourant à notre dispositif. Autre pratique croissante, la téléformation : la même année, 81 sessions ont été organisées pour plus de 3000 participants ", indique Monique Savoldelli, secrétaire général de l'IET.

La télémedecine régionale réalisée via Numéris à 384 kBit/s

NextiraOne, maître d'oeuvre depuis 2001, a réalisé une étude préalable pour déterminer les besoins et fixer les choix technologiques. " Nous avions établi qu'un débit de 384 kBit/s serait suffisant pour les premiers usages. Nous avons opté pour la norme encore standard de la visioconférence : Numéris H320, en mutualisant 6 canaux B. Côté matériel, c'est Polycom qui a été choisi ", précise Bernard Vesval, responsable du secteur santé de NextiraOne.

Exemple en situation

Photo Polycom

Des débits assez moyens, mais qui correspondent aux premières utilisations, et qui apportent déjà profit. Concrètement, les médecins connectés à distance visualisent deux flux vidéo. Une première image permet de voir l'interlocuteur, le patient et/ou le praticien, voire une opération chirurgicale, et une autre image, affichée à côté de la première, permet de visualiser les clichés de scanners, d'échographies ou d'IRM. Et c'est sur la dimension de la "data" que la marge de progrès technologique est encore importante avec l'augmentation des débits. En effet, certains diagnostics ne pourront se passer d'images fines, en trois dimensions, et de plusieurs clichés à visualiser. Dans ces cas, les 384 kBit/s ne sont plus suffisants. " Nous réfléchissons déjà au basculement vers les technologies "IP", que nous utilisons déjà pour la retransmission en différé des vidéos - en "streaming", avec une qualité moindre - dans le réseau Intranet des hôpitaux voire même via Internet. Or, le matériel de Polycom est prévu pour fonctionner jusqu'à 4 Mbit/s; nous pourrions par exemple améliorer la fluidité de l'image et transférer des fichiers lourds [ une IRM peut peser jusqu'à 1 GOctets, NDLR ]. ", poursuit Bruno Carbonnel, ingénieur commercial NextiraOne. Mais le passage au "tout-IP" peut aussi représenter un enjeu économique, avec la baisse significative du coût du Mégabit/s via SDSL ou fibre optique. Dans ce cadre, la communication multipoint ou plus simplement la diffusion simultanée des visioconférences à un public plus large de médecins serait plus aisée.

Or, à l'échelle régionale, on est encore loin de la fibre optique quant on sait que certains hôpitaux ou cliniques ne bénéficient pas de l'ADSL, comme par exemple le Centre Hospitalier Intercommunal du Sud-Aveyron de Saint-Affrique. Cependant des expérimentations de télémédecine à très haut débit démarrent dans le cadre du CHU de Toulouse, entre les hôpitaux de Rangueil, de Purpan ou de Larrey, situés sur une boucle de Complétel dont les débits atteignent le Gigabit/s. Reste à savoir si les politiques d'aménagement numérique du territoire pourront financer ou participer au financement de télécommunications inter-hospitalières. On pense notamment au réseau e-Tera qui permet au Conseil Général du Tarn de connecter les collèges du département au Gigabit/s. De même qu'au dispositif ASTER II du Conseil Régional qui offre - sans frais - aux réseaux universitaires et de lycées régionaux le même niveau de service. Et il semble que l'idée soit envisagée : l'Institut Européen de Télémédecine et le Conseil Régional seraient en phase de réflexion pour aborder ces possibilités.

Frédéric Dessort, Mid e-News
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