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Le logiciel libre semble être passé du stade d'épiphénomène à celui de mouvement de fond. Le positionnement des grands acteurs de l'informatique mondiale en témoignent. Pour mémoire : IBM investit des millions de dollars dans ce domaine, notamment pour soutenir les projets communautaires Apache, Eclipse, Linux et Globus. Novell ambitionne de devenir un grand fournisseur de solutions Linux, en acquérant Suse, SAP porte sa base de données en version libre tandis qu'Oracle adapte ses solutions sous Linux. C'est donc tout le système d'information des entreprises qui est concerné par ce changement de paradigme. En Midi-Pyrénées, on n'échappe pas à la règle. Et les investissements se multiplient. Les projets les plus nombreux concernent la migration des serveurs vers Linux Trois grands types de projets se dégagent dans les DSI régionales. Les plus importants et nombreux concernent les services réseaux. Il s'agit le plus souvent de faire migrer les serveurs vers Linux, et d'adapter les logiciels existants Premier exemple, au siège social de Fram à Toulouse - 350 salariés sur le 3000 du groupe -. " L'un de nos objectifs était de supprimer la technologie de terminaux passifs articulés sur une architecture AS 400. Nous avons installé , pour un parc d'une centaine de PC, une architecture de serveurs Linux : des routeurs à l'accès Internet, des serveurs de fichiers - partie assez délicate à mettre en oeuvre - à la messagerie, un émulateur AS400, et les navigateur Web. ", explique Jean-Marc Gomis, Directeur des Systèmes d'Information de Fram. " En outre, nous allons lancer, en Mars, notre portail Web BtoB. Et celui-ci a été développé sur une architecture libre, pour l'essentiel " De même, le CNES remplace une grande partie de ses serveurs vers Linux et fait migrer ses applications dans ce nouvel environnement. " Nous avons une équipe de 10 personnes qui travaille depuis un an à plein temps sur le projet ", précise François Tricot, responsable de l'Unité Nouvelles Technologies de Cap-Gémini Ernst&Young Sud-Ouest. Des projets similaires sont en cours de réalisation également chez les grands comptes toulousains de l'aéronautique et du spatial. Les collectivités ne sont pas en reste, puisque ce sont elles qui sont les plus demandeuses. L'impulsion vient du gouvernement. Les exemples régionaux ne manquent pas : le Conseil Général du Tarn et Garonne, la Mairie d'Albi, la Chambre Régionale d'Agriculture ( pour cette dernière, on lira avec profit notre article du 6 Octobre 2003), ou la Clinique Pasteur. Autre grande orientation impulsée par les logiciels libres : la bureautique. Il existe à ce jour plusieurs grandes alternatives à Microsoft Office : OpenOffice et StarOffice. Ce dernier, édité par Sun Microsystems, n'étant plus tout à fait gratuit. Dans de nombreux comptes, on hésite encore, mais la question est souvent abordée. Mais les premiers exemples font leur apparition. Si la Chambre Régionale d'Agriculture fait figure de pionnière pour les collectivités locales, des entreprises importantes s'y mettent aussi : Rockwell Collins et Alpha MOS ont fait appel à AR Systèmes pour accompagner ce changement. Pierre Baudracco, PDG de Aliacom, Société de Services en Logiciels Libres (SSLL) confirme : " Nous observons les premiers frémissements. La meilleure preuve en est que nous commençons à donner des formations autour de Open Office ". " Aujourd'hui, aucun discours sérieux sur le Système d'Information ne peut éviter les logiciels libres", François Tricot, responsable de l'Unité Nouvelles Technologies de Cap Gémini Ernst&Young Sud Ouest Enfin, le domaine du développement d'applications commence sérieusement à intégrer la dimension du logiciel libre. Le plus souvent par association de briques logicielle libres et propriétaires, et de développement sur mesure. Et les économies générées peuvent être très appréciables. L'INSA a récemment commandé à Aliacom la réalisation d'une application de gestion. L'outil livré offre délivre la gestion des cours, des élèves, des professeurs, avec notamment un agenda partagé, mais aussi une gestion de publication et des forums de discussion. La solution associe le serveur d'applications Tomcat, la base de données SAP DB - version libre de la base de données de l'éditeur -, Luceme - moteur de recherche ou encore Slide pour la gestion du versionning. Le développement sur mesure concernait la gestion des couches métier. Le tout pour une centaine de kEuros. Pierre Baudracco s'est livré à une comparaison avec un solution totalement propriétaire, intégrant une base Oracle. Le montant de la solution avoisinerait alors les 300 000 euros ! De façon générale les chefs d'entreprises et décideurs de SSII et SSLL s'accordent tous pour confirmer l'expansion du logiciel libre." Aujourd'hui, aucun discours sérieux sur le Système d'Information ne peut éviter les logiciels libres", affirme François Tricot, responsable de l'Unité Nouvelles Technologies de Cap-Gémini Ernst&Young. Et " Un grand nombre de sociétés sont sur le point de basculer ", note Marc Verprat, dirigeant de la SSLL toulousaine Eikonex. Pour autant quels sont les freins rencontrés par les sociétés de services informatique ? " Encore un nombre important d'entreprises craignent de n'avoir aucun support, puisque par essence, les logiciels libres sont élaborés par une communauté de développeurs dispersés à travers le monde. Or, ce sont les sociétés de services qui assurent ce support, lorsqu'elles ont capitalisé des compétences dans le domaine. En outre elles assurent la veille technologique et la qualifications des solutions existantes ", explique Pierre Baudracco. Mais ce support peut être aussi assuré par des compétences internes, et c'est ce qui peut finalement changer la donne : les clients deviennent autonomes en assurant eux même le support. Marc Verprat ajoute : " Si l'on est schématique, on peut dire que le logiciel propriétaire c'est du prêt à porter, tandis que le logiciel libre est adaptable : le code source étant ouvert, la direction informatique peut à loisir maîtriser ses modifications. " En région Midi-Pyrénées, les acteurs du logiciel libre sont assez nombreux. En matière d'ingénierie logicielle, deux sociétés se détachent du lot et se positionnent en tant qu'experts dans le domaine. Eikonex, dirigée par Marc Verprat - président du Cercle Numérique, affiche pour l'année 2003 un chiffre d'affaires de 300 000 euros. Aliacom, de son côté, dirigée par Pierre Baudracco et Daniel Thébault - président du Medef Midi-Pyrénées -, annoncent quant à eux 730 000 euros pour le même exercice. Autres acteurs importants : AR Systèmes et Sun Microsystemes, qui fournissent des solutions d'infrastructure. Eikonex complète leur offre sur le développement d'applications. Enfin, l'ensemble des directions régionales des grandes SSII se sont largement positionnées sur le logiciel libre Frédéric Dessort, MID e-NEWS
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