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Le Web, né dans les années 90, a apporté de nombreux services, une économie à part entière, mais aussi un nouveau métier qui pénètre tous les secteurs d'activité : le Webmaster. Christophe Alcantara est le directeur du pôle de formation TIC du Lycée Saliège, Lycée privé post-baccalauréat Sous contrat d'association. Deux formations qualifiantes y sont animées : WEBMASTER (de niveau post bac +2) et WEBDESIGNER en partenariat avec la Mission Générale d’Insertion. Il est parallèlement en fin de doctorat à l'Université des Sciences Sociales de Toulouse, en qualité de chercheur en Sciences de l'Information et de la Communication (SIC) au laboratoire LERAS. En écho avec notre article consacré aux enseignements délivré par Génigraph à l'Université Paul Sabatier, qui met en lumière le métier d'Ingénieur de développement d'applications Internet, nous rencontrons un observateur averti de ce nouveau métier qu'est le Webmastering. MID e-NEWS : Quels ont été les débuts de la fonction de Webmastering dans les entreprises ? Quelle évolution ? | Christophe Alcantara : Le métier de Webmaster est né au milieu des années 90, avec un véritable démarrage en 98-2000. A cette période, on recrutait à tour de bras, et pas forcément des compétences professionnelles, du moins dans la partie technique. Il suffisait de savoir créer des pages HTML et le tour était joué. Les start-up ont été les premier recruteurs. Puis, la bulle financière éclatant, le métier a évolué vers des compétences très, trop polyvalentes, naviguant entre marketing et informatique. Aujourd'hui cette confusion des genres tend a disparaître avec la professionnalisation de ce métier. Deux catégories de spécialistes Internet apparaissent dans l'entreprise : le développeur Web et le Webmaster. Le premier d'entre eux fait partie ou est proche du service informatique. Le deuxième a maintenant pour mission première de générer du trafic. Il est donc proche voire intégré au service communication de l'entreprise. Et je souligne que de plus en plus de Webmasters sont appelés pour faire vivre la communication interne des entreprises, au travers de l'Intranet ou des outils de Gestion des Ressources Humaines. |  Christophe Alcantara, directeur du pôle TIC du Lycée Saliège | MID e-NEWS : Quelle est l'étendue de ses compétences ? CA : Nous avons réalisé une enquête qui a consisté à déterminer les métiers du Webmaster. Parmi les fonctions récurrentes, nous avons identifié : la conception de site Internet, la promotion (référencement, mesure et analyse d'audience), l'animation et la fidélisation avec des outils tels que les lettres d'information - de plus en plus créées-, les forums de discussion, les chats. Le Webmaster devient aussi, de plus en plus, celui qui conduit les projets Internet avec l'agence Web. Sur les aspects techniques qu'il doit maîtriser, un sondage a également été effectué par les étudiants. Il montre que, outre des compétences graphiques classiques - Photoshop, Illustrator, etc ... -, l'utilisation de l'éditeur de sites Dreamweaver est plébiscitée. La partie programmation se cantonne le plus souvent à une bonne connaissance et pratique du Javascript. La capacité à récupérer des briques php et leur adaptation au site créé est également demandée. Le php est complètement généralisé. MID e-NEWS : Quelle est la frontière entre le Webmaster et le développeur d'applications Internet ? CA : Elle existe, cela semble pourtant évident, mais il est important de le rappeler et de le souligner. Je ne fournis plus de compétences doubles qui concentraient en une seule personne des métiers liés au marketing/communication et à la programmation. Nous appliquons cette vision dans le cadre de nos formations au Lycée Saliège. Le pôle TIC propose d'une part, deux formations : Webmaster [de niveau bac+2, NDLR] et Webdesigner [en partenariat avec la Mission d'insertion générale, NDLR]. D'autre part, en partenariat avec l'Université des Sciences sociales de Toulouse, nous avons créé la licence professionnelle "Télécommunication et Réseaux", mention "Responsable Technique d'Applications Internet ". Il s'agit dans d'une formation de niveau bac +3, dédiée à la création d'applications "interactives" nécessitant des technologies assez complexes. Elles combinent par exemple le Java en architecture 3 tiers, les base de données relationnelles, la gestion via Internet des flux documentaires, avec le XML, etc ... Nous fournissons les profils de cette formation aux SSII, grandes entreprises et agences Web. MID e-NEWS : Quelle est la demande de Webmasters en Midi-Pyrénées ? CA : Le réservoir n'est pas énorme mais en croissance. Et nous arrivons à insérer la totalité de nos étudiants. Il est à noter que les collectivités locales, les institutions, recrutent fortement : les mairies - la Mairie de Toulouse en particulier -, le Rectorat, le Conseil Régional, etc ... Par ailleurs, il faut faire le distinguo entre les PME , et les grosses entreprises. Les premières ne cherchent pas de compétences techniques - attitrées aux développeurs d'application Internet - mais surtout des animateurs de sites Web et des générateurs d'audience. Et cela sans discrimination de secteur d'activité. Pour preuve : une de nos étudiante, passée dans un premier temps par un BTS de tourisme, devenue Webmaster chez FRAM, ou encore une personne titulaire d'un maîtrise en histoire de l'Art, intégrée au département Francophonie du Ministère des Affaires Etrangères, et même un passionné de rugby qui a créé son agence de joueurs, en exploitant largement le Web. Mid e-NEWS : Quelle évolution pour le métier de Webmaster ? CA : Le terme générique de Webmaster va rester, mais c'est la mise en oeuvre de cette compétence qui va évoluer. On va aller de plus en plus vers le multimédia, en suivant le développement du haut-débit. Celui-ci va amener les usages à évoluer : la vidéo, les animations Flash vont peu à peu s'imposer. Le Webmaster développera une qualité propre au secteur de l'audiovisuel : la scénarisation. Aujourd'hui, nous vivons l'effet diligence, c'est à dire que, de même que les toutes premières voitures ressemblaient à des diligences et n'ont connu leur forme plus actuelle que bien plus tard, nous en sommes encore au début des modes de consommation des services Internet. Difficile dès lors de faire plus de prédictions ... Lycée saliège Propos recueillis par Frédéric Dessort, MID e-NEWS
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