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Les mécanismes d’adaptation au changement - 2ème volet PDF Imprimer Envoyer
Regard sur
Lundi, 08 Janvier 2007 12:17
On dit souvent qu’il faut s’adapter au changement, savoir le gérer. Selon la position de ceux qui le vivent, cette adaptation n’est pas du tout la même. Les mécanismes d’adaptation sont nombreux, et Jacques, le chef d’entreprise que nous suivons (voir la précédente lettre mid e news) en a eu un aperçu. Lors de sa rencontre avec un consultant il a commencé à s’approprier le sujet. Refoulement et identification, déplacement ou rationalisation lui ont permis de prendre du recul avec ses collaborateurs, dont l’enthousiasme ou l’implication commencent à ne plus se voir comme avant. Oui, avant au moins, c’était bien, stable.
Quand il est arrivé à son deuxième rendez vous, il pensait à sa projection du Jedi et aux oreilles pointues, une façon de prendre du recul avec celui qui lui préconisait d’en prendre avec ses collaborateurs.
Le premier entretien date de 15 jours déjà et Jacques a fait du chemin depuis. Il comprend maintenant pourquoi son assistante lui demande parfois de lever le pied. C’est une question qu’il posera à son coach. Comment concilier le besoin d’accélérer sur le marché, innover, avoir un coup d’avance, bref, le quotidien de tout chef d’entreprise et puis, l’environnement ou les collaborateurs qui vous demandent de ralentir. Parfois même, la demande implicite serait de ne rien bouger.
« Quand j’arrive dans son bureau, je remarque un tableau de MONET, une photo inconnue et un PC portable de chez DELL ». Un mélange de genre, d’âge et de couleurs.

Il m’invite à m’asseoir et nous échangeons quelques banalités sur le temps, le tout va bien et le futur incertain.
Nous avons vu la dernière fois quelques réactions que sont les mécanismes d’adaptation au changement, il nous en reste quatre, gardés pour la fin ! Dont la compensation, intéressant car facile à comprendre : L'individu qui se sent faible dans un certain domaine (physique, intellectuel...) tente de se surpasser dans ce même domaine ou dans un domaine différent. Il convient de remarquer que cette infériorité ressentie peut d'ailleurs être soit réelle, soit imaginaire. Lorsqu'un mode compensatoire précis devient l'unique mode d'adaptation, l'individu est qualifié de ''mono compensatoire''.

Tu reconnais quelques exemples ? Moue dubitative, continuons.
Le fantasme est très connu lui, c’est, cliniquement parlant, une production imaginaire qui autorise quelque chose et ne demande pas à être actualisé. Comme mécanisme de défense, il est, en fait, la tendance à s'évader dans un monde de rêves et d'idées lorsque les problèmes réels et concrets deviennent trop pressants. Le fantasme peut être un refuge et une activité de compensation pour les incapacités ressenties dans la réalité.
Là je me dis que je n’avais pas cette représentation ! J’écoute la suite :
La régression est ce mécanisme où l'individu, placé dans une situation générant des frustrations, élabore des comportements et des réactions qui ne sont pas sans rappeler ceux que l'enfant utilise pour gérer ses transactions au milieu. Cette régression peut s'opérer selon des modalités très différentes : par exemple, sur un mode archaïque ou au stade oral...

Enfin, et nous en aurons terminé avec les mécanismes, la projection. Ici, la régulation passe par la tendance à attribuer aux autres ses propres sentiments et ses propres motivations. Cette projection sur le monde extérieur permet de réduire ou d'éviter l'anxiété provoquée par la reconnaissance d'instincts et de désirs plus ou moins identifiés comme inavouables. Sachant que, de par le construit même de notre personnalité, nous avons tous une approche tant soit peu projective de la relation à l'autre et aux autres

_ Voilà entre ces deux séances, nous avons fait le tour.
Son silence devenait significatif.
« Comment puis je savoir, chez un individu qui fait toujours des objections, qui freine, quel est le mode qu’il utilise ? »
_ Et pourquoi veux tu savoir ?
« Pour mieux l’aider à dépasser ses freins, pour que nous avancions ensemble » Ma réponse me satisfaisait, mais visiblement, pas pour lui.
_ Tu dois avant tout accepter de ne pas comprendre pour pouvoir progresser. Ensuite, tu es dans une position de leader où je peux percevoir ton rôle qui consiste à donner des limites à tes collaborateurs pour les faire progresser. Comprendre la théorie des mécanismes d’adaptation au changement peut t’y aider. Mais cela peut aussi ne pas suffire.
« Ah, il y a autre chose ? »
_ D’abord, il faut digérer ce que nous avons vu et se donner du temps.

Thierry Brick, cabinet Intuisens
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