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Compte rendu du débat à l'Inter Club d'Entreprise : PDF Imprimer Envoyer
Regard sur
Mardi, 30 Mai 2006 10:49
« Vers un Small Business Act à la Française. De l'amélioration des relations grands groupes / PME Synergies et facteurs clés du succès »

L'ICE s'inscrit dans un cadre promotionnel de la PME d'avenir : plus fortes, plus performantes, plus innovantes, plus ouvertes à l'international !
C'est pourquoi l'ICE a organisé le jeudi 12 janvier 2006 une soirée débat dans les locaux de Météo-France à Toulouse, sur le thème :

" Vers un Small Business Act à la Française.
De l'amélioration des relations grands groupes / PME
Synergies et facteurs clés du succès"

Le débat mettait en présence :

3 représentants de grands groupes :

* Henri Paul Brochet, directeur du Centre de Toulouse d'Alcatel Alenia Space. (2 025 personnes sur le site)
* Denis Blanc, directeur général de Freescale France (siège à Toulouse. CA 2004 : 450 M€. 1 850 personnes)
* Francis Bonhoure, vice-président de Siemens VDO SAS, Directeur de l'établissement de Toulouse (CA 2004 : 742 M€. 2 600 personnes à Toulouse, Foix, Boussens)

3 représentants de PME :

* Jérôme Lyet, gérant de TIMP, à Portet (Tôlerie industrielle. CA 2004 : 960 000 €. 10 personnes)
* Pierre Duverneuil, président du directoire d'Artal Technologies, à Labège (Ingénierie informatique. CA 2004 : 4 M€. 70 personnes)
* Michel Santalucia, président de PMTL, à Cologne dans le Gers (Mécanique de précision. CA 2004 : 6,5 M€. 74 personnes)

Emmanuel Leprince, Délégué National du Comité Richelieu,
Patrick Cazeneuve, Directeur Régional d'Oséo Anvar

Constat sur les relations réelles entre Groupes et PME

Henri Paul Brochet - Alcatel Alenia Space :
"Notre expérience est globalement positive avec les PME".
"Les systèmes embarqués sur lesquels nous travaillons nécessitent des moyens et des investissements importants qui ne sont pas à la portée des PME".
"Nous avons une certaine lourdeur liée à la taille de notre entreprise."
"Du côté des PME, certaines peuvent avoir des réticences à se dévoiler, de peur perdre une idée qui serait reprise par un groupe. Il y a même peur de transfert de compétences dans les 2 sens..."
"Il faut qu'on s'améliore de part et d'autre..."

Denis Blanc - Freescale :
"Nous n'avons pas de réticences à travailler avec les PME, et même nous souhaiterions le faire davantage. Mais pour produire des semi-conducteurs, il faut des moyens complexes et des investissements colossaux que, même une société de notre taille, ne peut plus mettre en œuvre seule. Dans ce contexte, il n'est donc pas très facile d'intégrer des PME dans la partie fabrication, quelles que soient leurs qualités et leurs performances."
"On utilise la sous-traitance essentiellement dans les domaines d'activités pour lesquels on n'a pas de compétences."

Francis Bonhoure - Siemens VDO :
"Des relations durables peuvent s'établir à conditions qu'elles génèrent de la valeur pour les 2 parties."
"J'attend surtout de mes partenaires locaux que cette relation résolve mes problèmes. Cela peut se faire avec ou sans pacte PME."
"Nous avons des expériences positives avec les PME sur des marchés de niches que nous ne savions pas adresser."
"Ce qui est moins positif, c'est que nous avons eu assez peu de réponses de Midi-Pyrénées sur des appels à innovation lancés au niveau national..."
"L'expérience montre aussi que si l'on essaye de transférer à notre partenaire PME toutes les contraintes reçues de notre client, il est à peu près certain qu'on va à l'échec. Il y a des domaines où il faut donc faire des compromis."
"Mais ce qui n'est pas négociable, c'est la relation entre les hommes."

Jérôme Lyet - TIMP :
"Avec les techniciens, ça se passe bien, mais avec les acheteurs un peu moins : nous devons respecter des délais stricts, mais pour les règlements ils le sont moins, surtout au début quand on est petit... C'est l'une des premières améliorations à apporter !"

Pierre Duverneuil - Artal Technologies :
"On rencontre parfois la barrière des achats, mais quand on arrive à travailler dans un esprit de partenariat, ça marche !"

Michel Santalucia - PMTL :
"Ce qu'apporte l'accompagnement, et c'est important, c'est la possibilité de comprendre l'ensemble des besoins des grands donneurs d'ordres, pour pouvoir s'y adapter."
"Il faut aussi acquérir de la maturité dans la relation. Cela nous a permis, par exemple, de déceler des besoins chez nos donneurs d'ordres et de leur proposer des solutions."
"Il y a parfois des différents qui apparaissent sur les dépôt de brevets, mais chaque fois qu'on le peut, on le fait. Et cela, c'est aussi un acquis que nous donne la possibilité d'apprendre à travailler avec les grands groupes, et qui permet à nos bureaux d'études de se développer."

Emmanuel Leprince - Pacte PME et Comité Richelieu

"Près de 80% des PME ne sont pas satisfaites de la façon dont elles sont associées aux pôles de compétitivité..."
"Nous menons une réflexion sur les outils à mettre en place pour favoriser les relations, comme des financements de projets de R&D de grands groupes, s'ils les confient à des PME..."
"L'un des principaux handicaps des PME françaises aux yeux des groupes, c'est d'être jeunes et petites..."
"On essaye de faire tomber les barrières pour les meilleures PME."
"Les groupes souhaitent disposer d'un guichet unique pour identifier les meilleures PME."

Patrick Cazeneuve - Oseo Anvar Midi-Pyrénées

"Nous avons vocation à être un relais sur le terrain pour la détection de compétences, et la détection de relations qui méritent un accompagnement de notre part."

Réactions des PME et des groupes sur le Pacte PME

Henri Paul Brochet - Alcatel Alenia Space :
"Les PME ont une agilité, une réactivité, une aptitude à mettre en œuvre des idées innovantes, ce que les grandes entreprises ont beaucoup plus de mal à faire. Il y a un apport qui est fondamental."
"Les PME ne réussissent que là où les grandes entreprises réussissent : si nous ne réussissons pas à mettre en œuvre un projet, il n'y aura pas de PME derrière pour travailler avec nous. Donc on ne doit pas se battre les uns contre autres, mais être totalement solidaires. C'est comme cela qu'il faut prendre le pacte PME. C'est toute une relation de confiance qui doit se mettre en place."
"Les pôles de compétitivité sont le lieu de rencontre idéal."

Denis Blanc - Freescale :
"L'une des raisons pour lesquelles on a du mal à travailler avec des PME, c'est parce qu'on ne les connaît pas. Donc mettre les gens ensembles, de façon régulière, comme le propose le pacte PME, est l'une des clés du succès. Je crois beaucoup aux relations humaines pour les succès industriels, à la confiance entre les gens pour créer des partenariats solides."

Francis Bonhoure - Siemens VDO :
"Ce qui m'intéresse le plus dans le pacte PME, c'est la mise en relation. Nous, on a besoin de mettre en œuvre très rapidement des concepts sur la base de briques technologiques, et notre gros problème, c'est comment trouver le petit bout de logiciel pour compléter notre projet ?"
"Aujourd'hui, on n'a pas d'outils pertinents pour identifier une société, peut être de 10 personnes, qui soit capable de développer cette brique et de la mettre à disposition en 15 jours. Et ensuite, cette brique pourra peut-être générer des revenus récurrents avec une licence..."

Jérôme Lyet - TIMP :
"Je n'y crois pas beaucoup, car je ne vois pas comment un grand donneur d'ordres pourrait venir aider volontairement une PME... Ça ne fait pas de cadeau un grand groupe !"
"Et puis, il y a aussi une barrière culturelle entre les gens..."

Michel Santalucia - PMTL :

"Les grands donneurs d'ordres ne feront de l'accompagnement que s'ils en ont besoin... C'est là où nous avons un besoin d'information, sur leurs besoins. Ensuite, il faut voir le coût et comment l'amortir, pour une certification, par exemple..."

Pierre Duverneuil - Artal Technologies :

"On dit qu'il faut se mobiliser, être créatif, avoir des idées, c'est la seule façon d'évoluer, de créer de la valeur. Mais le tissu industriel est très hiérarchisé, en particulier à Toulouse : il y a les maître d'ouvrages et maîtres d'œuvres, et après il y a une armée de fournisseurs, eux-mêmes hiérarchisés, jusqu'au niveau 4 parfois ! Cela permet de voir la verticalité de l'offre... Ce n'est pas très créatif ! Donc l'idée de créer de l'horizontalité avec le pacte PME et les pôles de compétitivité, en développant des relations entre groupes et PME, est donc une idée très positive. Cela peut contribuer à créer des liens, un écosystème."

Patrick Cazeneuve - Oseo Anvar Midi-Pyrénées

"Je pense qu'il existe déjà un pacte PME, ici en Midi-Pyrénées, c'est l'ICE, puisqu'il y a dans vos clubs des PME, mais aussi des grandes entreprises. L'ICE c'est déjà un pas vers l'avenir, vers ce rapprochement, vers cette prise de conscience mutuelle. La démarche de l'ICE favorise la compréhension de l'autre et la solidarité."
"Je propose à l'ICE de nous solliciter tous collectivement pour arriver à mieux organiser ces relations et créer de nouveaux réflexes."
"Il faut aussi travailler sur le repérage de compétences."

Christian de Montmagner

 


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