JobsTIC Toulouse 2018 : quand le numérique bouscule les managers

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L’édition 2018 de JobsTIC Toulouse a mis en évidence plus d’une centaine d’offres d’emploi dans le numérique et a proposé plus d’une dizaine de conférences, tables rondes, sessions de formation et rencontres.

Organisée par la Commission Emploi-Formation de La Mêlée, cette édition de JobsTIC a eu lieu le 15 mai 2018 dans les locaux de La Mêlée et à l’ENSEEIHT.

Cette année, la thématique générale de JobsTIC Toulouse était « Digital Management ou comment le numérique bouscule les managers ? ». Le sujet a été décliné en une série de tables rondes, de conférences et de témoignages : « les nouvelles formations des managers », « comment travailler en mode startup ? », « l’impact du numérique sur les conditions de travail », « le leadership féminin », « la gestion d’équipe/de projets à distance »… Plusieurs sessions de formation ont complété le programme de la journée qui a fait intervenir 52 personnes et qui a mis en évidence des offres d’emploi principalement dédiées au développement informatique.

Une des tables rondes de JobsTIC 2018 (la gestion d’équipe/de projets à distance).

Les tendances du management « numérique »

Les différentes tables rondes et conférences sont arrivées aux mêmes conclusions. La première est que le « manager numérique » n’existe pas en tant que tel : les différents intervenants ont préféré utiliser l’anglicisme « servant leader », qui pourrait être traduit par « un chef qui se met au service de ses collaborateurs ». De fait, cette notion semble assez éloignée de l’organisation très « hiérarchique » qui prévaut dans de nombreuses organisations en France.

Les débats ont par ailleurs mis en évidence la liste de plus en plus importante d’outils numériques qu’un manager doit maîtriser : CRM, applications de suivi des KPI et de reporting, gestion des données, objets connectés… Le bon côté de cette évolution est que le « manager » est amené à connaître l’usage d’un nombre toujours croissant d’outils. De plus, elle réduit la distance entre le manager et les managés. Thierry Ranc, manger d’une équipe chez Thales, a expliqué : « je n’ai pas le dixième des compétences techniques des ingénieurs que je manage, mais ils savent que je maîtrise des domaines qui leur sont étrangers et que je suis toujours joignable, même au moment où je vous parle ! »

Thierry Ranc, manager d’une équipe chez Thales.

Gare aux « yes men » !

Le risque, notamment pointé du doigt par la représentante de l’ANACT/ARACT Occitanie (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail/Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail en Occitanie), Carine Belin, qui a notamment insisté sur le fait que le travail des « nouveaux » managers incluait de nombreuses tâches qui incombaient jusqu’à présent à leur(e)s assistant(e)s, postes très souvent supprimés. Le danger est clairement le « burn out » du manager, amené à faire trop de choses dans un temps travail journalier de plus en plus long et fragmenté. « En moyenne, les managers sont interrompus dans leur tâche toutes les 4 minutes », a précisé Carine Belin. Cette tendance a été relevée par plusieurs intervenants, qui parlent (autre anglicisme) d’une génération de managers « yes men », toujours joignables et qui disent toujours « oui ».

Janick Deny et Pierre Scampini, co-organisateurs de JobsTIC.

Pascal Boiron, MID e-news

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